12 février 2016
Admin FRV
Par Nicolas Agny, publié le 12 Février 2016
Depuis 2006, le Parlement Européen adopte régulièrement des résolutions invitant à la création d’un marché transatlantique, reconnaissant les caractéristiques convergentes de l’Europe et des Etats-Unis, en termes de leurs:
- Volume de PIB respectifs
- Modèle d’économie de marché
- Stratégie commune en matière de politique étrangère
La création d’une zone de libre-échange transatlantique serait ainsi la suite logique d’une grande Union Européenne (UE), dans l’optique d’une économie mondialisée toujours plus intégrée.
Les négociations relatives à la politique commerciale de l’UE relèvent de la compétence exclusive de la Commission Européenne.
C’est le 12 Mars 2013 que la Commission publia un projet de mandat de négociation pour un « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ».
Ce projet fut adopté lors du conseil des ministres du commerce des Etats membres le 14 Juin 2013.
LE TRANSATLANTIC TRADE AND INVESTMENT PARTNERSHIP
Le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) est une série de négociations commerciales discutées en cercle restreint entre l’Europe et les Etats-Unis, visant à faire de l’Atlantique Nord, qui représente à ce jour 45% du PIB mondial, la plus grande zone de libre-échange au monde.
Etant un accord commercial bilatéral, le TTIP a pour objectif d‘alléger les tarifs de douane et les règlementations de part et d’autre de l’Atlantique dans des domaines prédéterminés.
Le TTIP est dans la lignée d’un autre accord de libre-échange mort-né en 1998 lorsqu’il devint public (le Multilateral Agreement on Investment ou MAI), entrainant de vives protestations sur des thèmes tels que l’exception culturelle, la défense de l’environnement et la défense des travailleurs.
C’est pour cette raison bien précise que le TTIP se négocie dans le plus grand secret : les discussions se tiennent à huis clos et sous haute surveillance ; les citoyens n’ont aucun accès, ni aux documents préparatoires, ni aux comptes rendu des négociations ; les parlementaires européens n’en connaissent pas les détails alors que la ratification de l’accord leur appartiendra.
Un certain nombre de « fuites » ont néanmoins permis au public de découvrir les grandes lignes du projet.
Les actions de la Médiatrice Européenne Emily O’Reilly ont quant à elles obligé la Commission Européenne à rendre son mandat de négociation public (Octobre 2014), rappelant par la même aux commissaires que «
le traité sur l’Union Européenne prévoit que les décisions soient prises aussi ouvertement que possible et le plus près possible des citoyens… pour promouvoir la bonne gouvernance et assurer la participation de la société civile, les institutions, organes et organismes de l’Union doivent faire leur travail aussi ouvertement que possible », et les invitant à «
une plus grande divulgation proactive des documents du TTIP, et à un renforcement de la transparence des réunions du TTIP… toute politique de non-divulgation devant être dument justifiée ».