Des ONG fantômes, des salaires faramineux, et des proches planqués
Le tout aurait cependant été étouffé afin de ne pas nuire à la réputation d'Oxfam, et aucun dossier n'a été soumis à la police.
Selon un rapport confidentiel rédigé pour le compte d’Oxfam en 2011, le directeur local d’Oxfam en Haïti, Roland van Hauwermeiren, a admis avoir reçu des prostituées dans la villa qui avait été louée pour lui.
Plutôt que d'être congédié, il s'est vu offrir la possibilité de démissionner avec un préavis d’un mois, s’il collaborait à l’enquête.
« Cette proposition a été subséquemment approuvée par [la directrice générale d’Oxfam] Barbara Stocking […] en raison des retombées potentiellement graves pour le programme et ses partenaires affiliés et pour la suite de l’enquête, s’il devait être démis de ses fonctions », lit-on dans le rapport.
Deux autres employés d’Oxfam ont démissionné alors qu’ils faisaient l'objet d'une enquête pour avoir embauché des prostitués et pour intimidation, et quatre autres ont été renvoyés par Oxfam pour grossière indécence.
Il s’agissait dans tous les cas de travailleurs humanitaires d’expérience.
Parmi ces quatre employés, certains ont « utilisé les services de prostituées dans des propriétés d’Oxfam », tandis que d’autres ont enregistré du « matériel pornographique ou illégal » sur des ordinateurs de travail.
Plus généralement, le rapport évoque une « culture d’impunité » parmi les employés.
Réaction d'Oxfam-Québec
Contactée par Radio-Canada, la directrice d'Oxfam-Québec, Denise Byrnes, affirme qu'elle était au courant de l’histoire du Times depuis 2011, et qu’elle en avait été outrée.
Elle souligne que ses employés ne sont pas en cause dans ces événements.
« Ce sont des comportements qui sont inexcusables et qui vont totalement à l'encontre des valeurs profondes d'Oxfam. Nous ne pouvons tolérer aucun comportement de ce genre et nous devons nous assurer d'avoir toutes les mesures possibles en place pour éviter que ça n'arrive encore. »
Denise Byrnes pense toutefois que, comme tous les autres secteurs de la société, Oxfam n’est pas à l’abri de ce type de comportement.
« L’important c’est de mettre en place des politiques qui permettent aux gens de dénoncer », dit-elle.
Des chauffeurs menacés
Une source du Times dit avoir informé Oxfam que des orgies avaient eu lieu dans des appartements transformés en « bordel ».
Cette source dit avoir vu une vidéo filmée par un résident de ces appartements.







