
Lors de la traditionnelle commémoration de la libération de Bormes-les-Mimosas, le président de la République Emmanuel Macron a dénoncé, le 19 août dernier, « l’attaque brutale » de la Russie en Ukraine et appelé les Français à en accepter les conséquences économiques.
Comme s'il convoquait les « Gaulois » à un devoir de résilience… En février dernier, le ministre de l’Économie, M. Bruno Le Maire, militait au contraire pour que les « les sanctions contre la Russie soient immédiates, lourdes et efficaces » afin de « provoquer l'effondrement de l'économie russe ».
Or, aujourd’hui, force est de constater que la crise en Ukraine fait flamber les prix du pétrole et de l’énergie. Quant au rouble, il ne s’est jamais aussi bien porté. Le baril de brut est à son plus haut niveau depuis 2014, les contrats de gaz naturel sont en hausse de 12 %. Dans le même temps, la Russie livre un tiers du gaz à l’Europe et assure 10 % de la production mondiale de pétrole. Si le rouble est d’abord tombé à un taux de 120 roubles pour 1 dollar, pour l’heure, après un redressement spectaculaire, le taux de change est inférieur à 60 roubles pour 1 dollar.
Par ailleurs, l'embargo décrété par la Russie le 6 août dernier sur certains produits alimentaires européens en représailles aux sanctions imposées par Bruxelles va causer un préjudice considérable à l'agriculture française. Par effet boomerang, l'impact de l'embargo russe sera rude. Pour mémoire, en 2013, la France avait expédié pour plus d'un milliard d'euros de produits alimentaires, sur les dix milliards qu'a importés la Russie de l'Union européenne.
Sur le plan alimentaire, il ne manque rien, en Russie. Et nos concurrents nous ont vite remplacés, à l’instar du Brésil qui vient de créer une centaine d’entreprises susceptibles d’exporter des fruits et légumes en Russie ou du Tadjikistan, ce pays d’Asie centrale qui, contre toute attente, s’est allié avec le Kirghizistan pour y transporter lui aussi des fruits.
C'est un conflit diplomatique dont les conséquences économiques sont graves pour le monde paysan. La Russie représente 10 % des exportations totales agricoles européennes. Ce volume important s'est évaporé et se traduit en pertes sèches pour beaucoup de producteurs.

