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lunes, 11 de noviembre de 2024

[ÉDITO] 11 Novembre : sait-on encore ce que l’on commémore ?


Grande Guerre

 

 

Le cérémonial est immuable : en ce 11 novembre matin, le maire, bardé de son écharpe, dépose une gerbe au pied du monument aux morts, en présence du conseil municipal, des anciens combattants, souvent des enfants des écoles et d’un public plus ou moins nombreux.

 Il en est ainsi dans les quelque 34.935 communes que compte la France. 

Cérémonial immuable depuis presque un siècle, puisque c’est entre 1920 et 1935 que furent érigés dans tout le pays 35.000 monuments aux morts. Des métropoles aux plus modestes bourgades où ne vivent parfois que quelques dizaines d’habitants, parfois moins. Sans oublier celles, emblématiques, qui n’ont plus âme qui vive (sauf celle de la France éternelle, pour ceux qui y croient encore) : ces six communes de Lorraine, martyres de la Grande Guerre, complètement détruites au cours de la terrible bataille de Verdun en 1916. Citons-les : Beaumont-en-Verdunois, Fleury-devant-Douaumont, Cumières-le-Mort-Homme, Louvemont-Côte-du-Poivre, Haumont-près-Samogneux et Bezonvaux. Leurs noms fleurent bon la Lorraine de Jeanne.

On peut imaginer qu’en 1914, les villageois, qui allaient bientôt connaître l’enfer, vivaient dans ces villages, comme dans tous les villages de France : c’est-à-dire au même rythme que leurs grands-parents et arrière-grands-parents connaissaient sous le règne de Louis-Philippe, quelque soixante-dix ans auparavant (le temps qui nous sépare aujourd’hui de la chute de Điện Biên Phủ). À une époque où l’on ne changeait pas de meubles tous les trois ans en se rendant (ce verbe dans tous les sens du terme), le week-end, à une enseigne scandinave, la lourde armoire de la pièce commune de la ferme, où l’on rangeait le linge et les secrets de famille, si elle n’avait pas été héritée, avait été fabriquée dans le même bois, avec la même méthode, parfois avec les mêmes outils par le menuisier du bourg, que celle de la grand-mère, transmise à la cousine ou au frère aîné. Ainsi allait la France des campagnes d’avant la guerre de 14-18. En suivant le sillage ancestral, au rythme des animaux de trait.

sábado, 22 de junio de 2024

« Nous les avons libérés du nazisme, ils ne nous le pardonneront jamais »


 

 

 

22 juin 1944, il y a trois ans jour pour jour qu’Hitler et l’Allemagne nazie ont lancé leur guerre d’extermination contre l’Union soviétique.

 Les forces alliées qui avaient débarqué le 6 juin piétinent en Normandie, les Allemands maîtrisent encore l’essentiel des territoires conquis dans les trois premières années du conflit mondial.

Aux premières heures de ce jour, les positions de l’armée allemande Biélorussie subissent la première préparation d’artillerie de l’opération Bagration, la plus grande opération militaire combinée de l’Histoire

Pour la première fois, Joukov et les Soviétiques vont pouvoir mettre en œuvre le fameux « art opératif » qu’ils ont été les premiers à théoriser au début des années 30.

Stalingrad fut une bataille d’anéantissement classique, Koursk une bataille défensive, Bagration qui va comporter 10 offensives coordonnées (« Joukov joue du piano » écrira Lidell Hart) va concerner un front de 1000 km et permettre, à la stupéfaction du monde entier, une avancée de 600 km. Elle sera précédée d’une préparation logistique assez incroyable pour un pays martyrisé et pour ses parties récemment libérées, détruit de fond en comble par les envahisseurs nazis avant leur fuite. L’Armée rouge déploie à cette occasion une puissance qui stupéfie les autres belligérants des deux camps. À l’issue de ce mouvement, la défaite du groupe d’armées Centre est consommée. Techniquement, les trois armées qui le composent (4e, 3e panzer et 9e armée) sont détruites, et seuls des éléments épars refluent en Prusse-Orientale et dans les Pays baltes. L’Union soviétique détruit près de 30 des divisions du groupe et brise complètement la ligne de front allemande.

Autre point commun avec le débarquement en Normandie, l’usage forcené de la ruse : Bagration fut précédé de la plus inimaginable « déception » de l’histoire militaire depuis le Cheval de Troie. Cette gigantesque opération d’intoxication, «la maskirovka » fût en vérité d’une autre ampleur que Fortitude. Comme la contribution de la Résistance. Le matin du 20 juin, 15 000 explosions paralysèrent toutes les communications ferroviaires et détruisirent tous les ponts importants sur les arrières allemands en Biélorussie. Les soviétiques ont aussi expérimenté la sauvagerie allemande. Des Oradour-sur-Glane, la Biélorussie en a connu 628.

En heureuse contrepartie, 800 000 Allemands furent mis hors de combat en trois semaines, soit cinq fois plus qu’en Normandie. On met souvent en avant, et à juste titre, le chiffre effarant des morts soviétiques de la deuxième guerre mondiale. Il y a un autre chiffre significatif qui dit bien la conséquence de cette contribution. Les alliés anglo-saxons mettront hors de combat chaque année en moyenne 200 000 Allemands. Les Soviétiques, 1 200 000…

viernes, 11 de noviembre de 2022

Anniversaire : 11 novembre 1918, la fin de la Grande Guerre… et de l’enfer


 

 Albane Comte 10 novembre 2022

Il faut s’imaginer la scène : au cœur de la forêt de Compiègne, au milieu de la nuit et sous le toit d’un wagon restaurant, une poignée de plénipotentiaires ont en leurs mains l’avenir du monde. 

Deux trains ont été acheminés dans le plus grand secret, réunissant une délégation allemande, dirigée par le représentant du gouvernement Matthias Erzberger, et de hauts dignitaires français, au rang desquels le maréchal Foch, commandant suprême des forces alliées. 

Nous sommes le 11 novembre 1918, il est 5 h 20 du matin, l’armistice vient d’être signée, la Grande est officiellement terminée.

Cela fait pourtant trois jours que les wagons stationnent dans cette clairière boueuse. Trois jours de négociations, ou plutôt trois jours de calvaire pour les Allemands, auxquels aucune marge de négociation n’a été laissée : « Qu’est-ce qui amène ces messieurs ? », leur lance le maréchal Foch, généralissime des troupes alliées. Ferme et déterminé, il insiste auprès du plénipotentiaire qui lui demande ses propositions : « Je ne suis autorisé à vous les faire connaître que si vous demandez un armistice. Demandez-vous un armistice ? » Suit alors une brève concertation entre ses interlocuteurs : « Nous le demandons. » Sans plus de formalités, on leur remet un texte où figurent les conditions de paix. Les Allemands ont trois jours pour y réfléchir et les accepter. Abandonnée par ses alliés, l’Allemagne vient d’essuyer une série de défaite et ne peut plus croire à la victoire. À l’intérieur des ses frontières, une révolte menace ses dirigeants. L’armistice apparaît alors comme la seule issue.

sábado, 7 de mayo de 2022

C’était un 7 mai… 1954 : chute de Diên Biên Phu


 

Une guerre perdue à Paris…

Après six mois de lutte héroïque – illustrée notamment par les nombreux blessés et amputés qui ne voulaient pas quitter le front, ou par les paras volontaires qui sautaient pour rejoindre leurs camarades alors que la bataille était perdue – et une résistance acharnée, parfois à l’arme blanche, face à des troupes supérieures en nombre (dix fois plus, à un moment), en matériel et envoyant des jeunes kamikazes, étant à court de munitions et bombardée sans cesse dans l’enfer de la cuvette, l’armée française (comprenant des légionnaires, des paras, des troupes coloniales, des combattants indigènes), fautes de renforts suffisants, dut décréter le cessez-le-feu.

A l’issue de cette bataille, 12 000 combattants de l’Union française furent faits prisonniers. Seuls 3 290 seront rendus aux autorités françaises…
En quelques mois, les deux tiers des 12 000 captifs du Viêt-Minh moururent des mauvais traitements

Prisonnier
prisonnier français du Viet Minh

C’est toute une chevalerie massacrée vainement, et les coupables (secrétaires d’État, président du Conseil…) se lavaient déjà les mains du désastre dont ils étaient responsables.

 
Trahissant le pays qui l’hébergeait, le politicien socialiste, apatride et franc-maçon Pierre Mendès France a joué un rôle important dans l’abandon de l’Indochine et de ses habitants.
Militant de la destruction de l’Empire français et des départements français d’Algérie, il « négociera » avec le Viet-Minh à Genève, de concert avec l’URSS,  les accords qui chasseront définitivement la France de la péninsule asiatique, où il faisait si bon vivre, la livrant à la barbarie communiste.
Pierre Mendès « France » ne se préoccupa ensuite nullement, bien que président du Conseil, des milliers de Français prisonniers du Viet-Minh dans des conditions atroces.

 
Pierre Mendès France, négociant à Genève,  pendant que les soldats – français, coloniaux et indigènes – meurent dans l’enfer de Dien Bien Phu en résistant aux communistes

Près d’un million de Viet-Namiens du Tonkin fuirent en désordre vers le Sud pour échapper au marxisme dont ils avaient déjà pu faire l’expérience.

jueves, 10 de junio de 2021

Le 10 juin 1944, 642 personnes, dont 207 enfants, sont tués à Oradour-sur-Glane.