L’Europe entend « moderniser » le permis de conduire. Elle va surtout restreindre les droits des automobilistes.
C’était à craindre, c’est chose faite : l’Union européenne s’attaque au permis de conduire. Le Parlement européen et le Conseil européen se sont mis d’accord sur les nouvelles règles qu’ils souhaitaient imposer aux citoyens européens en matière de conduite. Quand il s’agit de restreindre les libertés du quidam, Bruxelles et Strasbourg s’entendent comme larrons en foire.
Dans un communiqué publié par le Parlement européen, intitulé « Un accord pour moderniser les règles européennes du permis de conduire », l’institution indique : « L’accord sur la mise à jour de la directive relative au permis de conduire européen conclu mardi matin vise à renforcer la sécurité routière en Europe, puisque près de 20.000 personnes meurent chaque année sur les routes européennes. » Pour faire passer la pilule, outre le prétexte de la sacro-sainte modernisation, le Parlement explique en préambule que si les Européens sont contraints, c’est pour leur bien.
Fichage
Donc, pour le bien des Français, des Allemands, des Italiens et de tous les autres pays membres, le futur permis de conduire sera numérique et intégré à un portefeuille numérique européen. C’est sûr, avec ce dispositif, il y aura moins d'accidents sur les routes… À n'en pas douter, le petit bout de papier rose que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître était extrêmement accidentogène. Trêve d’ironie : si le permis de conduire est amené à devenir numérique, c’est entre autres pour pousser le curseur de l’identité numérique un peu plus loin. Ce, avec tous les dangers que cela comporte.
Ce n’est pas tout. L’accord prévoit également que les permis de conduire seront « valables 15 ans », voire moins, puisque « les États membres peuvent réduire la validité du permis de conduire des conducteurs plus âgés (à partir de 65 ans) ».


