Le 17/09/2017
Philippe Kerlouan
Il reproche à Jean-Michel Blanquer de se comporter « comme un ministre ‘omnicompétent’… »
Michel Lussault – vous savez, cet universitaire nommé à la tête du Conseil supérieur des programmes (CSP) par Najat Vallaud –Belkacem – doit se sentir sur un siège éjectable après les premières déclarations de Jean-Michel Blanquer.
La meilleure défense, c’est l’attaque, dit-on : il a donc décidé de critiquer le ministre dans la presse régionale.
Il est vrai que, déjà en mai 2015, Jean-Michel Blanquer avait, dans un article pour l’agence Telos, jugé les nouveaux programmes du primaire
« moins clairs et moins progressifs » que les précédents. Dans ceux du collège, il dénonçait une
« novlangue ridicule », avec
« des formules dignes d’un Trissotin des temps modernes ».
Il évoquait aussi la grammaire, dont la priorité dans la maîtrise de la langue française était bafouée.
Et l’histoire, dont des périodes entières disparaissaient – source d’un débat qui contraignit Najat Vallaud-Belkacem à demander au CSP de revoir sa copie.
Plus généralement, Jean-Michel Blanquer évoquait
« ce putsch pédagogique réalisé par un Frankenstein institutionnel échappant à ses créateurs ».
Michel Lussault aurait dû trouver que le nouveau ministre a fait preuve, ces jours-ci, d’une grande courtoisie en ne soulignant pas davantage sa responsabilité : avec de multiples précautions oratoires, il a annoncé ce que les médias appellent le
« détricotage » de la réforme du collège.
Mais non !
Il a osé mettre en cause l’œuvre du patron du CSP.
Quel crime abominable !
Quel ayatollah !
Sus au mécréant !
Dans son entretien, il fustige l’approche
« dogmatique » du ministre, dont le
« message est destiné à une clientèle » : il est vrai qu’en matière de clientèle, il s’y connaît, lui que soutenaient tous les défenseurs des vieilles lunes pédagogistes.