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martes, 2 de enero de 2024

Saint-Sylvestre : une nuit « calme », pour Darmanin

 

 

Boulevard Voltaire 01 janvier 2024

Pour dresser le bilan de la nuit de la Saint-Sylvestre, le ministre de l’Intérieur a choisi Montargis, ville martyre des émeutes pro-Nahel. 

C’est avec satisfaction qu’il a annoncé une baisse (par rapport au 31 décembre 2022) de 10 % des voitures incendiées, de 10 % des personnes interpellées, de 80 % des tirs de mortiers et encore une baisse des blessures chez les policiers et les gendarmes. « C'est une nuit qu'on pourrait qualifier de calme », a estimé Gérald Darmanin.

Présentés sous forme de baisse, les chiffres cachent une nuit beaucoup moins calme qu'elle n'en a l'air : 745 véhicules brûlés, 40 policiers et gendarmes blessés, 380 interpellations. Tout cela malgré la mobilisation de 90.000 policiers et gendarmes.

Bruno Gollnisch, sur X, a réagi à l'occultation des victimes d'incendie de voitures : « Comment peut-on se féliciter comme M. Darmanin, de ce qu’il n’y ait eu "que"… 745 voitures brûlées dans la nuit du 31 décembre ! Ce rituel odieux, qui ne se produit qu’en France, est gravissime. Il est la démonstration d’un racisme antifrançais sur notre sol, qui s’attaque souvent aux plus humbles de chez nous […] Incendier une voiture, souvent achetée à crédit, et nécessaire pour aller travailler, emmener les enfants à l’école, faire les courses, etc., c’est faire le mal pour le seul plaisir de faire le mal. »

jueves, 30 de diciembre de 2021

Combien de voitures brûlées pour cette Saint-Sylvestre ? On ne le saura pas. Circulez, y a rien à voir !


 

 Marie Delarue 29 décembre 2021

Selon les chiffres plus ou moins officiels qui ont tout de même fini par tomber, 861 voitures ont été brûlées, dans la nuit du 31 décembre 2020 au 1er janvier 2021

Cela grâce au et au couvre-feu alors en vigueur, expression qui prend en la circonstance une résonance toute particulière…

Combien, pour cette Saint-Sylvestre ? Le ministère de l’Intérieur a décidé de ne pas communiquer les chiffres. M. Darmanin ne veut pas faire de publicité aux voyous et, reprenant la philosophie de ses prédécesseurs – la chose a été théorisée par son ami Brice Hortefeux –, il estime qu’en parler est une incitation à faire plus et mieux chaque année. Donc, on n’en parlera pas.

Pourtant, écrit Le Figaro, « les autorités se préparent, une fois de plus, à affronter les feux de la Saint-Sylvestre : des centaines de voitures brûlées en une nuit, mais aussi du mobilier public, parfois des commerces, des écoles ». C’est, nous répète-t-on chaque année, « une tradition antirépublicaine désormais installée depuis les années 1990 ». Avec des chiffres à peu près constants, d’ailleurs : autour d’un millier de véhicules brûlés tous les 31 décembre. Alors, on se prépare, pour ce passage à 2022, à une Saint-Sylvestre explosive.

Depuis trente ans que dure la plaisanterie, les sociologues se sont évidemment penchés sur le sujet. En 2018, le magazine 20 Minutes est allé trouver Michel Wieviorka pour savoir ce qu’il pensait de la décision du ministre de l’Intérieur : « Dans ce genre d’affaires, il faut communiquer les statistiques, dit-il. Ne pas le faire alimenterait le soupçon, donnerait le sentiment qu’on cache quelque chose. » Pas faux. Ce phénomène « n’a pas de dimension politique […] c’est infrapolitique. C’est avant tout ludique », poursuivait Michel Wieviorka. Ce serait donc une façon de s’amuser particulière, un marqueur social et sans doute ethnique dans ces quartiers « où le rejet de la s’exprime davantage dans une forme de violence », écrit pudiquement Le Figaro.