Mardi, sur les Champs-Elysées, à la hauteur du numéro 90, entre Zara et Sephora, de nombreux policiers filtraient les badauds.
Ce n’était pas les Gilets jaunes qui étaient visés, mais le personnel de McKinsey. Une perquisition était en cours au siège de ce cabinet de conseil, installé à cette adresse prestigieuse.
Les policiers portaient des brassards « douane » car une enquête est ouverte sur une présomption de fraude fiscale mondiale.
Tout a commencé en mars 2022, lorsque le Sénat, sous la direction d’Arnaud Bazin, sénateur LR, a publié le fruit d’une enquête sur les cabinets de conseil. Ce rapport a mis en avant le fait que, pour la seule année 2021, l’Etat a dépensé plus d’un milliard d’euros pour des travaux menés par de tels cabinets, dont McKinsey (18 000 consultants dans le monde, et parmi eux 720 basés en France, ces derniers générant un chiffre d’affaires annuel de 320 millions d’euros). L’enquête du Sénat a révélé ou confirmé un certain nombre d’anomalies concernant en particulier ce prestataire américain.
Le rapport sénatorial confirme par exemple que McKinsey, malgré ses 720 consultants et des clients aussi prestigieux que le gouvernement français, ne paye pas d’impôts en France : tout remonte aux Etats-Unis. Le rapport soutient que le directeur associé, qui a la charge des prestations en direction du secteur public, le dénommé Karim Tadjeddine, aurait fait un faux témoignage devant le Sénat, le 18 janvier dernier, alors qu’il était entendu sous serment…
Mais le premier scandale, c’est le fait que l’Etat, les ministères, très largement en sureffectif par rapport aux pratiques dans des pays équivalents, se croient obligés de confier à des sociétés privées des études pour lesquels ils sont censés avoir les compétences suffisantes au sein des équipes de hauts fonctionnaires.
