La laïcité est une notion chrétienne. Les Français seraient bien inspirés de redécouvrir sa provenance, en ces temps où elle est mise à mal.
Il ne se passe pas un jour sans qu'un acte violent à connotation religieuse ne défraye la chronique. Face à la recrudescence de ce type d'agression, la majorité des médias ont choisi la réponse du déni, se contentant de parler d'« hyperviolence » sans autre forme de qualificatifs. Pour autant, les Français ne sont pas dupes. Ils appréhendent lucidement que ces événements relèvent d’une violence commise pour motifs religieux.
La gauche orpheline
Comment expliquer cette frilosité des journalistes à interpréter correctement ces agissements ? En fait, trois raisons expliquent ce déni. Il y a d’abord la peur de stigmatiser une religion, l'islam en l'occurrence. Ensuite vient la peur tout court. Enfin, l'absence de logiciel de pensée capable de conceptualiser ces phénomènes nouveaux, absence résultant de l’ignorance théologique partagée par l’ensemble des élites françaises, vient couronner ce triptyque. Ces trois motifs sont à la base de la mise sous le tapis par la bien-pensance politico-médiatique de ces faits de société qu’elle s’obstine à traiter comme de simples faits divers.
Autre énigme à résoudre : comment la gauche laïcarde en est-elle arrivée là ? Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt : elle a abandonné la laïcité, qui lui permit jadis de taper sur son adversaire atavique (le catholicisme) tout simplement parce que les classes populaires, son vivier électoral d’origine, l’ont abandonnée. Dès lors, il ne se présentait plus qu’un potentiel électoral disponible pour compléter celui des fonctionnaires : les populations de confession musulmane. Voilà pourquoi elle prend soin d'ignorer et de taire pieusement les violences motivées par des considérations religieuses. D’autant plus que la nouvelle religion montante ne se résignera pas si facilement que le catholicisme de jadis à tendre joue... Comme toujours en politique, les responsables savent se montrer forts avec les faibles (ou les non-violents) et faibles avec les forts.
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