Dimanche 11 avril, sur le plateau de France 3, Éric Dupond-Moretti était questionné au sujet de la stratégie vaccinale dans les prisons françaises.
Sans surprise, le Garde des Sceaux s’est voulu rassurant : « J’ai tenu à ce que les détenus soient vaccinés dans les mêmes conditions que le reste de la société civile. »
Des droits à respecter qui vont jusqu’à celui de refuser de se faire administrer le vaccin AstraZeneca car, prend-il la peine de préciser, les prisonniers « ne sont pas des cobayes »…
Cobayes : le vilain mot est lâché.
Anxiogène, il nous renvoie immanquablement à ces périodes sombres de nos histoires, celles des camps d’internement nazis connus pour avoir été le théâtre de pratiques expérimentales humaines. Non sans précédent car, à la même époque, on le sait moins, mais les Américains n’étaient pas en reste. Dans l’Illinois, des recherches scientifiques ont été menées sur du matériel humain, en l’occurrence des prisonniers.
En France, nous sommes loin du compte. Grâce à Éric Dupond-Moretti, les droits de nos détenus sont à l’abri. Ceux du reste de la population peut-être un peu moins. C’est cette utilisation maladroite et angoissante du mot « cobaye » qui nous y fait penser.


