Gabrielle Cluzel
Appelons-les djihadistes, terroristes, islamistes… ce ne sont pas les mots qui manquent.
Chaque métier a ses responsabilités.
Le médecin a la responsabilité de la santé de son malade, et du traitement qu’il choisit pour le guérir. Le professeur a la responsabilité de sa matière, et des outils pédagogiques qu’il choisit pour la transmettre.
Le journaliste a la responsabilité de l’information, et des mots qu’il choisit pour la diffuser.
Cette responsabilité est moins grande si elle est partagée, mais immense, bien sûr, si le médecin, le professeur ou le journaliste – pour un cas donné – est seul à l’assumer.
Disons-le, l’AFP est en situation de quasi-monopole.
Ses dépêches sont dupliquées – en l’état ou vaguement bricolées, maquillées, retouchées – par un nombre incalculable de rédactions.
C’est l’Évangile selon sainte Aèfpé, dogme de foi et parole de vérité.
Alors quand, pour évoquer le procès de deux djiahdistes français jugés aux assises, l’AFP titre « deux combattants français, rentrés en 2014 de Syrie, jugés aux assises » et que cette information est relayée avec les même mots (« combattants français ») par le site du Point et de France Info, on peut légitimement se poser la question : l’AFP assume-t-elle ses – immenses – responsabilités ?
Il y a mille façons de « fakenewser » : par action, par omission, par dissolution, par focalisation mais aussi, donc, par confusion.
Confusion mentale jusque dans le champ lexical.


