
Le personnel politique se plaint régulièrement de l’abstention massive des électeurs.
À l’occasion de ce scrutin européen, ces derniers ont fait un gros effort, avec une participation de 51,30 %.
Second fait majeur : l’implication personnelle du président de la République dans cette campagne, ce qui ne s’était encore jamais vu en la circonstance.
Ainsi Emmanuel Macron entendait-il mobiliser la population afin de transformer cette élection en une sorte de référendum « pour » ou « contre » l’Europe, « pour » ou « contre » la barbarie, « pour » ou « contre » lui.
Les Français l’ont entendu : la liste menée par Emmanuel Macron a perdu.
Revue de détail.
Le Rassemblement national (24,20 %).
Évidemment, le grand gagnant de ce soir.
En plaçant le très jeune Jordan Bardella en tête de liste, Marine Le Pen réussit son pari.
Pari d’autant plus réussi qu’elle a su élargir son assise en s’ouvrant à des transfuges de la droite « traditionnelle », Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud, mais encore à des personnalités de la société civile, tel le philosophe de l’écologie humaine Hervé Juvin.
Mieux : avec le ralliement symbolique du mélenchoniste Andréa Kotarac, la main tendue à une gauche populaire et eurosceptique n’est pas pour rien dans le succès d’un Rassemblement national qui n’a jamais aussi bien porté son nom.
Bref, le malaise de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2017 semble oublié pour de bon.