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martes, 29 de abril de 2025

Panne d’électricité géante : le grand vertige


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Le mot est de Barjavel. « Contrairement à ce que l’on pense, [notre monde] n’est pas solide du tout, il est extrêmement vulnérable, d’autant plus vulnérable qu’il est plus compliqué, plus parfait, plus technique. » 

La grande panne d’électricité qui a touché, ce 28 avril, l'Espagne et le Portugal ainsi que le sud de la France ramène à l’écrivain, auteur de Ravage, paru en 1943. « C’était l’histoire d’une civilisation qui s’écroule parce qu’elle manque d’énergie », expliquait-il à la télévision, vingt ans plus tard.

Ce 28 avril, le réseau électrique portugais REN a confirmé l’ampleur de la secousse : « REN confirme une coupure massive de l’approvisionnement électrique dans toute la péninsule Ibérique, qui affecte aussi une partie du territoire français et dont l’impact a atteint le Portugal à partir de 11h33. » Le gouvernement espagnol a convoqué une réunion de crise, l’EDF local a lancé un plan d’urgence pour rétablir l’alimentation électrique progressivement. Aéroports, métros, chemins de fer sont paralysés, les systèmes de paiement sont en carafe... Si cette panne devait durer, les batteries électriques seraient à plat, les téléphones mobiles des objets inertes, les ordinateurs, les réseaux informatiques et les voitures électriques aussi utiles qu’une machine à vapeur conservée dans le formol. C’est le retour au monde d’avant, où on se déplaçait peu ou pas. Où la fée électricité, comme on l’appela, est partie sans laisser d'adresse.

« Le courant flanchait partout »

En fin d’après-midi, le courant est revenu dans le nord, le sud et l’ouest de l’Espagne. Reste la cause, inconnue à l’heure où nous écrivons. Pas rassurant. Et un constat : cette impression de gambader sur un château de cartes, un échafaudage instable. La panne espagnole jette à la figure de nos contemporains la dépendance des sociétés modernes, comparable à celle d’une fin de vie : l’autonomie n’existe plus.

jueves, 21 de julio de 2022

Après le RER B, des voyageurs coincés en pleine surchauffe dans le Thalys : la tiers-mondisation en marche !


 

  
Silvio Molenaar 20 juillet 2022

La bonne ville de Saint-Denis semble s’être à nouveau distinguée, sans doute bien malgré elle. 

La faute, cette fois, non pas à 40.000 faussaires anglais sortis de l’imagination bananière d’un responsable politique, mais sans doute au hasard et à la canicule, ainsi qu’au degré de compétence de l’entreprise impliquée. 

La manière dont l’événement est relaté (ou non...) dans la presse de ce jour, au lendemain des faits, éclaire cependant la pente savonneuse sur laquelle semble se trouver la « 5e puissance mondiale », avec cette impression diffuse que l’ère Macron pourrait ne pas être étrangère à l’accroissement du phénomène.

À titre de comparaison, j’ai consulté deux quotidiens néerlandais (De Telegraaf, Algemeen Dagblad), ainsi que deux français (Le Figaro, Le Parisien), tous « en ligne ». Les faits, côté néerlandais : (De Telegraaf, 20/7/2022) « Des voyageurs coincés des heures durant dans un Thalys : vitres brisées pour avoir de l’air frais. » Lorsque l’on se remémore les températures de la journée du 19 juillet, 41 °C extérieur à 17 heures en région Centre, on n’ose imaginer celles d’un Thalys bouclé en rade à Saint-Denis sans climatisation, comme l'indiquent les articles néerlandais. Le titre de Algemeen Dagblad (20/7/2022) est identique, hormis l'adjectif final : « Bestial ». En combinant les deux articles, l’on apprend donc que, peu après son départ de Paris-Nord (19 h 30, avec une heure de retard), un Thalys à destination de Bruxelles, en proie à des problèmes techniques, s’immobilise station Saint-Denis pour une durée de 4 heures pour cause de panne de climatisation. Les températures montant rapidement, les passagers prisonniers avec interdiction (ou impossibilité ?) de sortir des rames, il y eut des malaises à bord et certains passagers prirent l’initiative de briser des vitres. Les seules informations de l’incident proviennent, pour l'heure, de certains voyageurs de la rame (via Twitter).