Clémence de Longraye 21 novembre 2022

Vrai ou faux mineur ? Tel est l’éternel débat qui accompagne chaque actualité sur les mineurs non accompagnés. 

Ce 20 novembre, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, Danielle Simonnet, députée de La insoumise, a jugé opportun de partager les témoignages de « mineurs non accompagnés » réclamant davantage de considération de la part de l’État français. 

Immédiatement, au vu des images, un doute surgit quant à l’âge véritable de ces jeunes gens, obligeant alors la députée à préciser qu’il s’agit en réalité « d’anciens mineurs non accompagnés ». Cette question - certes cruciale – de la minorité parfois factice de ces jeunes migrants cache un autre sujet de taille : le coût réel de leur prise en charge. Chaque année, la dépense ainsi des milliards d’euros pour subvenir aux besoins de ces mineurs dits isolés.



40.000 mineurs isolés en

La fugue de 26 des 44 mineurs de l’Ocean Viking a permis de braquer, une nouvelle fois, les projecteurs sur cet angle mort de la politique migratoire française : les migrants mineurs sans accompagnants. Contrainte par ses engagements internationaux – notamment par la Convention internationale des droits de l’enfant –, la France ne peut renvoyer dans son pays d’origine un mineur étranger, même si celui-ci est entré illégalement sur le sol français. Un jeune migrant, une fois présent dans l’Hexagone, est immédiatement « mis à l’abri » et devient inexpulsable. Le Défenseur des droits estime même qu’un « mineur non accompagné ne devrait pas être maintenu en zone d’attente mais devrait être immédiatement admis sur le territoire et recueilli provisoirement dans le dispositif de protection de l’enfance ». Cette législation plus que favorable a engendré une filière d’immigration florissante. Comme le rappelle l’Association des départements de France (ADF) dans une note publiée en juin 2021, « le nombre de mineurs non accompagnés évalués comme tels et pris en charge par les services d’aide sociale à l’enfance (ASE) des départements a considérablement progressé depuis 2015 ». S’ils n’étaient que quelques centaines à la fin des années 1990, ils sont désormais plus de 40.000 en France. En 2021, ce sont ainsi « 11.315 nouveaux mineurs non accompagnés qui ont été admis à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) », précise l’ADF à BV. Très majoritairement des hommes (95 %), ces jeunes migrants sont, sans grande surprise, issus principalement d’Afrique subsaharienne.

50.000 euros par mineur isolé