Pouvait-on trouver symbole plus significatif d’un État en pleine déliquescence que l’annonce du déficit financier chronique qui touche l’École nationale d’administration (ENA) depuis 2012. Chargée de former les futurs administrateurs de la France, l’école fondée par le général de Gaulle en 1945 est aujourd’hui, à l’image du pays, en pleine dérive financière.
Le motif du naufrage annoncé ?
Un déficit de presque deux millions d’euros en 2015, faisant suite à plusieurs années de déséquilibres budgétaires.
La raison ?
 La diminution de l’aide de l’État qui ne couvre plus que 75 % environ des besoins de l’institution.
Apparemment, la charge salariale, celle qui couvre les émoluments des enseignants, des fonctionnaires et des élèves de l’école serait devenue trop importante !
Si l’on recoupe cette information avec le contenu du rapport fourni par les membres du jury à l’occasion du dernier concours d’entrée dans la prestigieuse école, la question du maintien de l’ENA ne peut que se poser.
En effet, le jury, présidé par Jean-Paul Faugère, conseiller d’État, a littéralement étrillé les candidats. « Pauvreté des idées », « absence de sens critique », « incapacité à prendre de la hauteur », « absence d’engagement personnel » et, pour finir, « reflet du formatage de Sciences Po » : le verdict est sans appel !