Certaines personnes aiment établir des listes. Liste des tâches à accomplir dans la journée de travail. Listes de courses à faire, afin de ne rien oublier. Liste de candidats pour un poste : embauche dans le privé, décideurs publics en quête de mandats.
Et il y a des listes plus glauques. Liste des enfants par statut vaccinal à communiquer au chef d’établissement. Liste des réfractaires à la piquouse à aller chercher entre deux gendarmes. Liste des médias à boycotter établie pour les annonceurs par les « géants endormis ». Peut-être même s’établit-il, quelque part, des listes de traîtres à épurer un jour ?
Sébastien Lecornu, en ce dimanche matin, informe l’ignorant que j’étais de l’existence d’une liste des territoires à décoloniser établie par l’ONU où figurerait la Nouvelle Calédonie. Oui, cette liste existe bel et bien, et la Nouvelle Calédonie y figure, avec la Polynésie Française.
Sébastien Lecornu : «La Nouvelle-Calédonie fait partie d’une liste de territoires qui sont encore à décoloniser» dans #LaMatinaleWE pic.twitter.com/xmm8qizDEo
— CNEWS (@CNEWS) November 14, 2021
D’abord, présenter comme inéluctable cette décolonisation du fait d’engagements passés comme le fait le ministre est bien sûr un mensonge éhonté : les seuls engagements pris concernent la tenue de scrutins d’autodétermination avec des biais considérables quant à la composition du corps électoral.
Par contre la cohérence de cette liste interroge.
Le Tibet ne serait pas un territoire à décoloniser : la Chine n’y a pas consenti. N’est-ce pas étrange ?
Les aborigènes en Australie, les maoris en Nouvelle-Zélande ne sont pas eux aussi inscrits comme les occupants originels d’un territoire à décoloniser.
Il n’est fait aucune mention des territoires occupés par Israël en Cisjordanie, ni du Golan. Pourquoi s’en abstenir, même si la situation est complexe ? Les termes de « colons » et « colonies » y sont pourtant fréquemment employés.
