Le 20/06/2016

Il se tient très droit, la tête haute, le visage fermé. Appuyé sur des béquilles. Il a deux têtes de plus que Hollande et Valls. Lorsque le chef de l’Etat et le Premier ministre passent à sa hauteur à la fin de la cérémonie d’hommage insoutenable à Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, ce gardien de la paix refuse ostensiblement de leur serrer la main et fait « non » de la tête. L’image est forte.
Valls s’arrête net à la hauteur du policier.
Les mains derrière le dos, il se dresse sur ses ergots et ne parvient qu’à le regarder sous le nez comme pour lui dire : « Tu me défies ? »
Ils échangent quelques mots que les images ne permettent pas de distinguer.
Le policier semble lui répondre « aucune envie de vous la serrer, au contraire ».
Un pas derrière, Bernard Cazeneuve assiste à la scène, médusé.
Les caméras de retransmission, elles, continue de suivre docilement le chef de l’Etat qui s’éloigne prudemment.
Ce gardien de la paix a fait ce que tous les policiers présents avaient envie de faire.
On les sentait très hostiles dans leur douleur.
C’était criant malgré leur dignité et leur devoir de réserve.
Plusieurs d’entre eux, hommes et femmes donnent le sentiment de serrer la main de Hollande à contrecœur en regardant le sol, les mâchoires crispées, les poings serrés.