Les indociles sont des nazis. Les insultes volent bas contre ceux qui refusent d’obéir à la pensée obligée, de plus en plus contestée.
L’unanimisme rageur qui a hurlé au blasphème après le dégonflage sauvage d’une baudruche qu’avait érigée, place Vendôme, l’Américain Paul McCarthy, a donné une idée de l’intolérance des matons au service de l’artistiquement correct.
Pourtant, l’acte d’insoumission anonyme contre cette "œuvre" elle-même subversive (un "sapin" en caoutchouc de 24 mètres de haut, ayant la forme d’un "plug anal") aurait dû être salué pour son égale provocation.
Mais l’art contemporain, sacralisé, ne goûte pas l’irrespect quand il en est la cible.
La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a ouvert le feu en tweetant, samedi : "On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d’une définition officielle de l’art dégénéré." Comprendre : l’hitlérisme n’est pas loin.
Il est vrai que la prosternation devant cet art, qui s’expose depuis jeudi à la Fiac, doit beaucoup à son rejet par l’Allemagne nazie et la Russie soviétique, converties sur le tard au réalisme officiel (1).
