Il
faut aller vite, très vite, toujours plus vite. Réagir au centième de
tour. Devancer le voisin qui devance le sien qui devance le sien…
Notre économie est moribonde au sortir du Covid ? Qu’importe,
finissons-en : il convient de l’achever au nom de la solidarité avec
l’Ukraine.
Question de morale, paraît-il. Sauf que le moral des
entrepreneurs et des commerçants, lui, n’est pas au rendez-vous.
S’additionnent chaque jour les fermetures qui endeuillent nos rues et
transforment les galeries marchandes en déserts à mesure que nous
explosent à la figure les « dégâts collatéraux » d’une mondialisation
mortifère.
Les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation exponentielle
des coûts de transport n’ont pas attendu les représailles contre
l’envahisseur russe pour plomber les marchés. Mais ce n’est pas
suffisant, certains redressent encore la tête, alors il faut jouer d’un
autre ressort.
On fait la chasse
aux entreprises comme on la fait aux artistes russes. Il faut afficher
son brevet de pureté, ce qui passe par le sabordage des activités et le
sacrifice des populations qui les font vivre. Car la morale du jour n’a
pas qu’un coût financier, elle a aussi et surtout un coût humain
parfaitement inhumain. On sait bien – et tout le monde s’en moque – que les fameuses sanctions n’ont jamais eu sur les États et leurs gouvernements honnis les effets escomptés par les tenants de la vertu (cf.
l’Iran). Les privations de denrées, de médicaments, de tout ce qui
concourt au minimum de confort matériel, n’atteint que les peuples, pas
les oligarques.
Mais il faut s’aligner coûte que coûte, obtempérer aux injonctions
qui, par un judicieux effet de vases communicants, viendront une fois de
plus remplir les poches de ceux qui tirent les ficelles, USA en tête.
Donc, aujourd’hui, pour être dans le camp du bien, il faut
impérativement quitter la Russie.