Le monde
politique à l’unisson s’en est réjoui, les médias s’en sont fait l’écho
comme s’il n’y avait plus que cela qui comptait : « Yaël Braun-Pivet,
première femme à l’Assemblée nationale. »
Une femme qui préside
l’Hémicycle. C’est historique !
Cet « exploit » a écrasé tout le reste… comme le fait de se renseigner
sur ladite présidente ? Car ce n’est pas tout à fait une novice qui
devient le quatrième personnage de l’État.
Née en 1970, avocat de formation, elle est, à l’origine, socialiste.
Épouse d’un cadre supérieur de L’Oréal, Vianney Pivet, qu’elle a suivi
en expatriation à Taïwan puis au Portugal pendant près de dix ans avant
de s’installer dans la ville très protégée et résidentielle du Vésinet,
mère de cinq enfants, elle a toutes les caractéristiques de la grande
bourgeoise de l’Ouest parisien… Y compris le goût pour le bénévolat :
durant plusieurs années, jusqu’à son premier mandat de député, elle
œuvre aux Restos du cœur. Sa sensibilité de gauche jointe à son profil
sociologique la destinaient à rejoindre La République en marche.
Des débuts polémiquesLes premiers pas en politique sont difficiles pour Yaël Braun-Pivet. Élue député de la 5e
circonscription des Yvelines en 2017, elle est tout de suite placée à
la présidence de la commission des lois, malgré son inexpérience, qui
lui sera souvent rappelée. Le paroxysme de la critique survient lors de
l’affaire Benalla.
En 2018, alors que l’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron est mis
en examen, la commission des lois est chargée d’ouvrir une commission
d’enquête pour étudier l’affaire. Elle est donc confiée à Yaël
Braun-Pivet. Après des débats tumultueux, la commission est fermée par
la présidente dès le 1er août, sans publication de rapport.
Alors que de nouvelles accusations tombent sur Alexandre Benalla, Yaël
Braun-Pivet refuse la réouverture de la commission d’enquête. Dans
l’opposition, on l’accuse de protéger l’Élysée de vérités trop lourdes à
porter…