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viernes, 6 de enero de 2023

« Urgence, faut pas être pressé. 30 minutes pour joindre le Samu ! ». L’édito de Charles SANNAT

 


 

par | 6 Jan 2023 |

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Tout ce qui se passe dans notre si beau et grand pays est un déchirement pour tous ceux qui ont à cœur de préserver les biens communs, qui, comme leur nom l’indique, sont communs à tous, qui que nous soyons, d’où que nous venions. 

Ceux qui n’ont pas grand-chose, ne disposent que des biens communs comme patrimoine et comme filet de sécurité. C’est pour cela qu’ils ont autant de valeur pour la majorité de la population et c’est la raison pour laquelle nous devons en prendre soin, pour qu’ils puissent à leur tour, ces biens communs prendre soin de ceux qui en ont besoin.

L’hôpital bien évidemment fait partie de ces biens communs précieux, et parce qu’il touche à la santé, à la vie et à la mort, il est l’un des plus précieux. Précieuse également notre police qui doit assurer la paix civile et notre sécurité. Indispensable la justice qui apaise, répare, et doit nous assurer la concorde. Je ne parlerai pas de tous les autres biens communs qui font que la vie en société devient tout simplement possible. De l’école à l’électricité et notre société nationale EDF.

Arrêtons-nous sur l’hôpital.

Le gouvernement, incapable de régler quoi que soit en est réduit à déplacer les problèmes.

Vous vous souvenez que les urgences étaient totalement débordées il y a quelques mois. Les gens qui ne trouvaient pas de médecins pour se soigner allaient directement à l’hôpital. En France nous aimons jeter des voiles pudiques sur les situations qui nous dérangent, nous pointons du doigts les pessimistes qui les désignent. C’est plus facile. Plus réconfortant, à défaut de régler les problèmes.

Alors nos mamamouchis dans un éclair fulgurant de sagacité ont eu l’idée géniale d’édicter une nouvelle règle. Désormais avant d’aller aux urgences, il faut appeler le « 15 » le « Samu » qui va « réguler » et faire un premier tri entre ce qui peut attendre (en espérant ne pas se tromper) et ce qui est vraiment urgent.

Résultat assez prévisible des imbécilités et des fulgurances intellectuelles de nos aimables dirigeants ?

Le Samu ne répond plus parce qu’il est engorgé et les urgences sont toujours aussi pleines puisqu’il n’y a toujours pas assez de médecins.

Le Samu alerte sur le manque d’opérateurs : « Si on met 30 minutes pour décrocher, à côté de combien d’arrêts cardio-respiratoires peut-on passer ? »

miércoles, 14 de diciembre de 2022

Le Samu conclut à une angine et refuse de se déplacer, le jeune médecin était... en plein AVC

 

Hospitalisé pendant deux semaines, Anthony a repris le sourire en apprenant qu’il va recouvrer sa voix. Photo N.C. et DR
 
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Nancy Cattan Publié le 12/12/2022 
 
Anthony, victime d’un AVC et dans l’incapacité de s’exprimer, se rendra finalement seul en Uber aux urgences de Nice, faute de réponse adaptée du 15. Il ne porte pas plainte, mais veut alerter.

Dix-neuf heures. Anthony rentre chez lui après une journée bien chargée. 

Nous sommes le 19 septembre, et le jeune psychiatre est enthousiaste; il vient d’être affecté dans un nouveau service de l’hôpital Sainte-Marie, à Nice, où il exerce, et ce féru de théâtre a déjà plein de projets d’ateliers artistiques pour ses patients. Il prépare son repas, tout en échangeant des SMS avec sa compagne, interne en pharmacie à Arles.

20h, il passe à table. Et puis tout se bouscule. Il est pris de violentes céphalées, ne parvient plus à déglutir ni même à parler. Mais il refuse de s’inquiéter et d’appeler le Samu.

"Je sais trop combien ils sont souvent dérangés pour rien." Il se couche, surélève ses jambes… Trente minutes passent, les symptômes ne s’améliorent pas. Il envoie alors à sa compagne ce message laconique: "J’ai un problème." Elle comprend aussitôt que c’est sérieux; Anthony ne se plaint jamais. Et effectivement la situation s’aggrave. Anthony commence à s’étouffer avec sa salive, il crache pour éviter une fausse-route.


20h30: premier appel au Samu

Plus possible de reculer: il compose le numéro du Samu. Au bout du fil, le régulateur ne comprend pas les quelques mots qu’Anthony tente de prononcer, il s’impatiente, lui demande de lui passer quelqu’un.

"Si vous habitez dans un appartement, aller frapper chez un voisin." Anthony raccroche, il sort de chez lui et croise une voisine dans la cage d’escalier. Il lui décrit ses symptômes par écrit: "Je ne peux plus parler, ni déglutir, appeler le 15 svp. Je suis médecin." La voisine s’exécute, la régulation lui passe un médecin auquel elle transmet le message.

Le médecin conclut: "C’est une angine, je vais appeler SOS médecins, ils passeront dans la nuit."

jueves, 20 de mayo de 2021

« Donnez-lui du Doliprane » : une jeune femme de 19 ans décède du Covid après plusieurs appels au Samu

 


Il est quasiment impossible de mourir du covid19 à cet âge ; comment est-ce possible ? 

Est-ce la maladie qui l’a tuée ou est-ce l’absence de prise en charge ? C’est ce que la justice devra établir. Ce malheureux cas représente parfaitement la gestion catastrophique médicale de cette maladie à coup de paracétamol !

 Ses proches ont joint le Samu à trois reprises lors du week-end du 1er mai, en vain. Une plainte a été déposée au commissariat d’Evry-Courcouronnes pour non-assistance à personne en danger et homicide involontaire.

lelibrepenseur

martes, 15 de mayo de 2018

Affaire Naomi Musenga: l’opératrice du Samu, un bouc émissaire parfait

 
 
naomi musenga samu urgences

Naomi Musenga. Sipa. Numéro de reportage :Shutterstock40563461_000001.
par
Régis de Castelnau
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Une malade est morte, l'hystérie collective ne la ressuscitera pas
Les faits divers ont ceci de passionnants qu’ils révèlent un certain nombre des ressorts profonds d’une société.
La triste affaire Naomi Musenga, cette jeune mère de famille de 22 ans brutalement décédée en fin d’année dernière, obéit à cette règle.
Rappelons brièvement les faits. Naomi Musenga est morte le 29 décembre d’un syndrome de défaillance multiviscérale (SDMV) sur choc hémorragique à l’hôpital de Strasbourg.
Cinq mois plus tard, la presse a diffusé l’enregistrement d’un entretien téléphonique avec le service de prise en charge du SAMU.
La malheureuse souffrant manifestement le martyre y demande d’une voix mourante à l’opératrice qu’elle a au téléphone de l’aider.
Celle-ci ne la prenant manifestement pas au sérieux l’éconduit sèchement.
L’audition de l’enregistrement, lorsque l’on sait l’issue fatale, est difficilement supportable. Quiconque entend l’échange ne peut qu’être extrêmement choqué et en colère.
Aussitôt, l’émotion s’emballe, et mécaniquement la machine se met en route.
 
On a vu déferler tous les excès
 
Il convient à ce stade de préciser que l’intensité de l’émotion et des premières réactions est tout à fait normale.
Et l’on pourrait dire presque saine, car il y aurait peut-être quelque inquiétude à avoir pour une société qui resterait froide ou indifférente face à la tragédie qui frappe la famille de Naomi Musenga. Mais une fois passée cette première émotion, il est de la responsabilité des acteurs de reprendre leur sang-froid, de cesser la surenchère et de laisser le traitement du problème aux mécanismes prévus par une société démocratique.
Malheureusement, une fois encore les digues cédant une à une, on a vu déferler tous les excès.
L’émotion étant vendeuse, les médias vont d’abord se saisir de la tragédie et la transformer en marchandise.