C’est l’évidence même : pour un homme tel qu’Emmanuel Macron, l’avenir ne peut être qu’européen.
L’émission Face à Philippe de Villiers rassemble, chaque semaine, sur CNews, à peu près un million de téléspectateurs.
Entouré d’Eliot Deval et de Geoffroy Lejeune, l’ancien homme politique s’est mué en oracle. C’est à l’âge des regrets que Philippe de Villiers, réhabilité de son vivant, découvre qu’il n’a aucune raison d’en avoir. Dans ce rendez-vous hebdomadaire, il est écouté, aimé, compris. Il est à la fois conteur d’apologues poétiques, analyste sans concession de la vie publique et, surtout, c’est l’homme qui crève malicieusement toutes les baudruches médiatiques. Il est à sa place comme jamais. Et il n’y a rien de plus jubilatoire que de le voir, avec quatre décennies d’expérience politique, remettre Emmanuel Macron à sa juste place, celle qu’on est prié de laisser aussi propre qu’en entrant. Dernier exemple en date : l’analyse de son intervention… et de l’agenda personnel caché du Président.
Que veut faire Macron avec ses discours sur l’Europe de la défense ?
« Tartarin de Tarascon » : c’est le personnage de fiction qui, selon lui, ressemble le plus à Emmanuel Macron. Rodomontades en tout genre, les siennes ou celles de Bruno Le Maire (« l’économie russe à genoux ») ; discours anxiogènes et graves ; champ lexical de la guerre… et puis, rien du tout. Tout le monde constate, aujourd’hui, qu’après trois ans de bla-bla, Emmanuel Macron fait du surplace, comme un hamster dans une roue trop grande. Mais la question à laquelle Philippe de Villiers répond est surtout celle que personne n’ose poser frontalement - personne, sauf le créateur du Puy du Fou : que veut faire Macron avec ses discours sur l’Europe de la défense ? Il n’y a pas que le recentrage américain et les ultimatums de l’OTAN. Il y a autre chose.
Tentation bismarckienne, selon le Vendéen
On murmure, ici et là, mais sans en avoir de preuve tangible, que Macron serait trop jeune pour cesser la politique à moins de cinquante ans. On dit qu’il pense à une responsabilité européenne. Villiers s’amuse d’ailleurs de l’usage du mot « patrie » par le Président, un mot qui lui semblait démodé jusque-là. Il rappelle le mot de Mitterrand : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir », et place Macron dans cette continuité. Tentation bismarckienne, selon le Vendéen : en fédérant les États européens autour de la Commission, en se servant des États-Unis comme repoussoir, il se prépare un avenir - un avenir européen.









