4 septembre 2018
L’affaire du Levothyrox avait révélé (une fois de plus) la surdité et même le mépris du corps médical et des autorités sanitaires pour la parole des patients.
Ceux-ci dénonçaient en vain l’inconfort de la nouvelle formule lancée par le laboratoire, en son temps.
Il fallut un long combat pour obtenir un infléchissement des pouvoirs publics.
Un rapport commandé par la ministre fait le point sur ce dossier, sans tirer de conclusions convaincantes sur un vrai sujet: la réticence du corps médical à écouter les patients.
Le rapport Kierzek-Léo ne fera pas date pour les propositions qu’il formule, d’une timidité et d’une complexité confondantes face aux enjeux posés par le dossier du Lévothyrox.
On notera par exemple la proposition de créer une « plateforme » d’information sur les médicaments à destination du public.
Le réflexe français très solutionniste du « un problème, une solution technique de plus dans le mille-feuilles » a encore agi.
Pour le reste, la mission propose de confier à l’Agence Nationale de Sécurité de Médicament (ANSP) la fonction de communiquer sur tous ces sujets.
La même ANSM qui est au coeur de l’affaire Mediator ou de l’affaire Depakine.
Avec ces propositions, on est donc certain que la situation n’est pas près d’évoluer!
L’ensemble du rapport reste à peu près muet sur la question de l’ouverture des données de santé, qui demeurent encore et toujours une propriété jalousement gardée par l’Etat, avec les conséquences que l’on connaît.
