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viernes, 16 de febrero de 2018

Chère Laeticia Hallyday, comme beaucoup de Français, je m’interroge…

 
 


Philippe Bilger


Vous étiez tout sauf une icône pour moi. Mais pour beaucoup, vous l’étiez. Pour le moins votre image est altérée, troublée, devenue équivoque.

Je ne vous ai jamais prise pour une sainte, et bien avant qu’on vous tresse des dithyrambes outranciers à la mort de votre mari et après la splendide cérémonie de ses obsèques (pour ceux que vous aviez choisis).

Je vous avais vite croisée alors que j’attendais de pouvoir interviewer Johnny et, vous ayant saluée sans obtenir l’ombre d’une réaction, je vous avais trouvée un peu hautaine.
Vous n’avez jamais été pour moi seulement cette épouse-infirmière parée de toutes les qualités par des médias aussi peu avisés, sur le plan de la psychologie, qu’en politique.
Toutefois, je ne méconnais pas que, sur un plan personnel et amoureux, vous avez été exemplaire en vous occupant de Johnny avec sollicitude sur le plan de sa santé, jusqu’à ses dernières années terribles où il se comportait avec courage et où vous assumiez avec vaillance et dignité, auprès de lui, un rôle que vous espériez sincèrement salvateur.
Puis il est mort.
Et un immense deuil populaire.
Si vous le permettez, quelques questions.

Pourquoi votre première démarche a-t-elle été d’aviser le couple Macron et l’AFP dimmédiate d’informer David et Laura et même e sa disparition sans avoir la délicatesse naturelle et leurs mères ?

domingo, 10 de diciembre de 2017

Cette France que j'aime, elle était dans la rue hier. Merci Johnny !




Ah que Johnny !

Comme toujours en France, il y en a pour trouver moyen à polémiquer: c'était trop !, Marine n'était pas invitée, Mélenchon scandalisé, Michèle Delaunay au bord de l'apoplexie regrettant " une cérémonie religieuse délibérément spectaculaire ", etc...
On s'en fout !
Qui d'autre que Johnny pour réaliser ce genre d'exploit, mobiliser le ban, l'arrière ban de la République laïcarde et une bonne partie des Français dans ou devant une église, in situ ou via les télévisions ?
Qui ? Personne !
Ce que nous avons vu ou vécu hier avait quelque chose d'unique, du jamais vu.
C'était émouvant, impressionnant ou grandiose.
Qui d'honnête pour oser dire le contraire ? Personne.
Combien de Français, hier soir, avaient la gueule de Johnny comme d'autres ont la gueule de bois les lendemains de teufs ?
Des centaines de milliers de Français, sans doute.
On en a pris plein la gueule tant les images étaient puissantes.
Qu'il me soit permis néanmoins de polémiquer un brin à mon tour; sans doute mon côté détailleur, scruteur d'images et auditeur pointilleux des commentaires que nous dispensent à foison journalistes et autres chroniqueurs appointés.
Deux choses ont attiré mon attention.

La France moisie aux obsèques de Johnny

 
 


Le 10/12/2017


La France de Johnny, celle qui suscite soudainement l’admiration des journalistes et de la classe politique, est celle qu’ils abhorrent habituellement.
 
Marine Le Pen n’a pas eu l’autorisation d’assister aux obsèques de l’icône du rock and roll. Surprenant !
Elle y avait toute sa place. Et son père sans aucun doute plus encore.
Formidable ! Inoubliable ! Exceptionnel ! Historique !
Une journée à la démesure du chanteur.
Du jamais vu que l’on ne reverra jamais.
Il y a eu Victor Hugo.
Il y aura désormais Johnny Hallyday.
Les médias ont rivalisé en superlatifs pour rendre compte de la mobilisation populaire lors des obsèques de l’idole des jeunes.
Un million de personnes.
Des Champs-Élysées à la rue Royale.
Les caméras filment. Les images défilent. Et le constat s’impose. Brutal. Incroyable. Invraisemblable. Effrayant.
La France de Johnny, celle qui suscite soudainement l’admiration des journalistes et de la classe politique, est celle qu’ils abhorrent habituellement.
Ce 9 décembre 2017, Paris a rendez-vous avec la France des années 1960 et 1970.
La France d’avant.
La France moisie. La France du passé.

viernes, 8 de diciembre de 2017

Non, Monsieur Macron, Johnny n’était pas un héros !

 
 




C’était un grand chanteur qui restera dans les mémoires et qu’on entendra longtemps, longtemps après qu’il a disparu.

Il paraît que Jean d’Ormesson aurait dit de François Hollande : « Il n’est pas homme d’État, j’ai peur de mourir pendant son quinquennat et la pensée que Hollande puisse me rendre hommage me terrifie ».
Que ce propos soit ou non entièrement authentique (l’intéressé l’a partiellement récusé), ce vœu a été exaucé.
Mais l’on n’aura guère parlé longtemps de sa mort, éclipsée par celle de Johnny. Tous les commentateurs, toutes les personnalités politiques font l’éloge de la vedette dont la carrière a duré près de soixante ans.
Ces hommages, quelles que soient les arrière-pensées de leurs auteurs, prouvent au moins une chose : Johnny Hallyday était un chanteur populaire.
Les politiciens en mal de popularité veulent-ils, comme par osmose, lui en emprunter un peu ?
Il n’est pas certain que la recette soit bonne.
Surtout quand l’éloge frise le ridicule.
Ainsi, Emmanuel Macron a déclaré, lors d’une visite officielle en Algérie, qu’« il fait partie de ces héros français, j’ai souvent dit qu’il fallait des héros pour qu’un pays soit grand ».
Il ne risquait pas de déplaire à ses hôtes, comme s’il avait qualifié de héros Charles de Foucauld ou les sept moines de Tibhirine.

miércoles, 6 de diciembre de 2017

Partout où je suis allé, en France ou de par le monde, j'ai entendu du Johnny

 
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En tant que blogueur à succès qui se la pète, je me suis posé la question de savoir si j'allais faire un billet sur Johnny. Et pourtant, c'était évident, il était à écrire.

Il y a une différence fondamentale entre Jean d'Ormesson et Johnny Halliday, les deux pertes nationales du moment.
Si tout le monde n'a pas lu du Jean d'O, si certains pouvaient ignorer qui était cet homme, nul en France ne pouvait, ne peut et ne pourra ignorer qui était Johnny qu'on l'ait apprécié, aimé ou détesté. Là est le mystère Johnny.
Il n'y avait que lui pour éclipser ce matin la disparition de Jean d'Ormesson.
Je n'ai jamais acheté le moindre disque de Johnny et je ne suis jamais allé à un de ses concerts, je le regrette aujourd'hui.
Je n'ai jamais été ce que l'on appelle un fan; comment expliquer dès lors que je connaisse quasiment par cœur au moins une bonne trentaine de ses chansons.
Le mec faisait partie de nos vies, tout simplement, depuis soixante ans.
L'idole des jeunes, Jésus-Christ était un Hippie, le pénitencier (qui fermait chaque nuit la boîte de nuit éponyme que je fréquentais dans les années 90), Quelque chose en nous de Tennessee, Gabrielle, Noir c'est noir, Que je t'aime, Je te promets, Ma gueule, Laura, Marie, La musique que j'aime, Mirador, Allumer le feu, Je t'attends...
Autant de chansons que l'on a tous entendu.
Partout où je suis allé, en France ou de par le monde, j'ai entendu du Johnny.
Oui, Johnny était un monument de la chanson française et j'ai un peu de peine aujourd'hui de savoir qu'il n'est plus là.
Johnny, c'était une voix, une présence, un charisme évident, une bête de scène.