
Nicolas Gauthier
27 janvier 2024
Le
moins qu’on puisse prétendre est que l’accord de libre-échange entre
l’Union européenne et le Chili, approuvé le 24 janvier par les députés
de la commission du commerce international au Parlement européen, n’aura
pas fait grand bruit dans le microcosme politico-médiatique.
Ce qui est
assez logique, en cette période de jacquerie paysanne.
Silence
médiatique, donc, à l’exception notoire d’Emmanuelle Ducros, de l’Opinion, qui dénonce cette nouvelle atteinte faite à l’agriculture française.
Il est vrai que ce traité, voté en comité plus que restreint, sera
lourd de conséquences pour nos paysans. Le premier à monter au créneau ?
Le député mariniste Thierry Mariani, qui a voté contre cet accord, en
cette même commission, affirme ainsi : «
Après le traité de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande,
voici en commission l'examen du traité de libre-échange entre le Chili
et l’UE. Nos agriculteurs jugeront. » Pire encore, poursuit-il, «
si ce traité est voté, 95 % des échanges entre le Chili se feront sans
droits de douane. Puis, en matière agricole, sachez que c’est 18.000
tonnes de plus de volaille, 9.000 tonnes de plus pour la viande porcine,
4.000 tonnes pour la viande ovine. 2.000 tonnes pour la viande bovine,
sans compter l’huile d’olive, les œufs et les dérivés de l’amidon. »
Jean-Lin Lacapelle, député européen RN, nous en dit plus : « Pour
le moment, la Commission européenne a approuvé cet accord. Mais il
faudra encore qu’il soit ratifié par le Parlement. Là, il faut espérer
qu’Emmanuel Macron n’exerce pas le même lobbying vis-à-vis de ses
députés que lors du vote d’un traité similaire avec la
Nouvelle-Zélande. »