Entre faits objectifs et interrogations
Général Philippe BENY*
le
Un rapport des Nations unies, relayé par le quotidien britannique The Guardian, accuse des soldats français de l’opération «Sangaris», d’avoir commis des viols en 2014 sur de jeunes garçons en Centrafrique.
La capitale, Bangui, était soumise à de terribles combats entre miliciens chrétiens anti-balaka et musulmans de la Séléka.
Des milliers de civils avaient trouvé refuge dans un camp de réfugiés proche de l’aéroport de M’Poko.
Dans ce camp les viols auraient été commis «courant juin 2014».
Le général Philippe BENY, dans un billet d’humeur destiné à diffusion, nous aide à comprendre cette affaire.
J’ai un petit avantage sur ceux qui écrivent ou pérorent sans trop rien connaître de la réalité de cette affaire : je suis à Bangui depuis longtemps, je connais le contexte général, les lieux et nombre des acteurs en cause.
Je suis en outre ce qu’on pourrait appeler un « vieux soldat » qui en a pas mal vu, notamment en Afrique, et je pense être capable de poser un regard un peu plus discursif que d’autres sur tout cela.
Pour aider à se faire une idée sur cette affaire, je vais articuler mon propos entre l’exposé de quelques faits objectifs, celui de quelques interrogations liées à ma connaissance du sujet RCA, et enfin celui de mon avis – par nature subjectif – sur certains points.
Des faits
Le camp de Mpoko, proche de l’aéroport, est situé à un endroit où, par la géographie des lieux, plusieurs forces internationales ont pu avoir contact avec les occupants : avec beaucoup de soldats africains ce sont la MISCA (force interafricaine) puis la MINUSCA (force ONU) ; avec beaucoup de soldats français et/ou européens ce sont SANGARIS (force française) et EUFOR (force européenne).
Le camp de Mpoko, proche de l’aéroport, est situé à un endroit où, par la géographie des lieux, plusieurs forces internationales ont pu avoir contact avec les occupants : avec beaucoup de soldats africains ce sont la MISCA (force interafricaine) puis la MINUSCA (force ONU) ; avec beaucoup de soldats français et/ou européens ce sont SANGARIS (force française) et EUFOR (force européenne).
Il faut alors très précisément s’intéresser aux dates des faits, parfois à 24 heures près, car ces forces avaient ou pas mandat d’être là en protection, parfois proches les unes des autres, parfois au fil des relèves, parfois sur un mode différent entre le jour et la nuit, parfois en renforcement temporaire l’une l’autre, etc… tout cela au profit d’une sécurité toujours précaire à assurer avec des effectifs toujours contraints.