Arnault décrit une Europe boulet assortie d’un État français qui fait du zèle règlementaire.
Le ras-le-bol des patrons.
Et de deux ! Lors de l’annonce des prochains résultats trimestriels de LVMH, le gouvernement français et les fonctionnaires de Bruxelles descendront aux abris. Bernard Arnault prend en effet goût aux messages chocs. Pour la deuxième fois, il n’a pas résisté à la tentation de balancer, à l’occasion de ce rendez-vous avec les marchés d’ordinaire très normé, quelques vérités en forme de gifle dans la figure des adorateurs de l'UE, en commençant par les gouvernants français et européens.
Ce 17 avril, le premier recruteur privé en France (dit-il lui-même), propriétaire de 120 sites de production dans l’Hexagone où il a investi près de 2,5 milliards d’euros l'an dernier, a fait à nouveau grincer des dents. Celles du ministre de l'Économie : le fallot Éric Lombard précise que c'est à une commissaire européenne inconnue de négocier pour toute l'Europe... Sans tenir compte, donc, de l'intérêt de la France. Exactement ce que Trump refuse : il ne veut parler qu'aux nations. Et ce que Meloni tente de contourner. Cela paraît mal parti.
Propos de Bernard Arnault : "L’Europe est très unie dans cette période de difficulté" réagit Éric Lombard, ministre de l'Économie et des Finances pic.twitter.com/gsb38IgvSE
— LCI (@LCI) April 18, 2025
Une leçon de Marine Tondelier à... Bernard Arnault
On peut aussi compter, pour éclairer les grands enjeux économiques, sur la sagacité de Marine Tondelier, qui se permet de donner quelques conseils de placements à Bernard Arnault, sur X, en toute modestie : « Après s'être plaint des méchants impôts dont il est victime, Bernard Arnault adopte la rhétorique complotiste de l'extrême droite. On se passera des "leçons" politiques d'un PDG tellement clairvoyant dans son allégeance à Trump qu'il a perdu des milliards depuis son investiture. » Dorénavant, Arnault passera un coup de fil à Tondelier avant tout investissement significatif.
Après s'être plaint des méchants impôts dont il est victime, Bernard Arnault adopte la rhétorique complotiste de l'extrême droite.
— Marine Tondelier (@marinetondelier) April 18, 2025
On se passera des "leçons" politiques d'un PDG tellement clairvoyant dans son allégeance à Trump qu'il a perdu des milliards depuis son investiture. https://t.co/kUJxKhQfgp
Plus sérieusement, l'industriel du luxe, très libre, semble désespérer de l’UE : première provocation. « L’Europe n’est pas dirigée par un pouvoir politique mais par un pouvoir bureaucratique qui passe son temps à éditer des réglementations qui s’imposent malheureusement à tous les États membres », envoie la troisième fortune dans le monde. Comme nombre de petits entrepreneurs, Bernard Arnault décrit une Europe boulet assortie d’un État français qui fait du zèle règlementaire : deuxième provocation. « Quelquefois, la France en rajoute au passage pour compliquer encore un peu plus la réglementation, explique très clairement le patron de LVMH, ce qui pénalise beaucoup nos secteurs d’activité. » Il cite un exemple : non pas celui des grands industriels, mais celui des… agriculteurs. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on leur colle une nouvelle réglementation », s’agace Bernard Arnault, qui donne ainsi raison à la colère des chefs d’entreprises agricoles en butte à la tenaille von der Leyen-Emmanuel Macron.




