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domingo, 26 de septiembre de 2021

Mort d’un héros au Mali


 
 
 

Le caporal-chef Maxime Blasco en était à son cinquième déploiement dans le cadre de l’opération Barkhane. 

Il était commando de montagne au 7e bataillon de chasseurs alpins. Il est mort le 24 septembre au cours d’une opération, grièvement blessé par un terroriste. Il laisse derrière lui une femme et un enfant.

Les témoignages de ceux qui l’ont connu commencent à être entendus depuis que sa mort a été annoncée par le ministère des Armées. Tous décrivent un héros, un soldat d’exception, un frère d’armes exemplaire. Décoré de la médaille militaire (la Légion d’honneur des soldats) à l’âge de 33 ans, titulaire de quatre citations (ce qui veut concrètement dire qu’il a participé à quatre actions de feu), il avait été décoré par le président de la République en personne après le sauvetage de l’équipage d’un hélicoptère Gazelle en 2019. Il avait trois vertèbres fracturées et avait traîné au sol le pilote, qui était bien plus lourd que lui, pour le mettre à l’abri. « Tout le monde aurait fait pareil », avait-il alors sobrement commenté. Tous ceux qui restent savent bien que non.

On entend aussi le témoignage de sa compagne, qui raconte que « pour lui, tout était simple ». Sens absolu de la camaraderie, de la fraternité d’armes, du « on part ensemble, on rentre ensemble ». Idéal de qui le poussa autrefois, quand il était encore pâtissier dans le monde civil, à maîtriser un homme qui battait sa femme jusqu’à l’arrivée de la police. Témoignage à mettre en relation avec celui de la femme de Cédric de Pierrepont, nageur de combat, mort voici quelques années pour deux touristes inconscients égarés en Afrique : c’est la même admiration, la même compréhension, le même amour indéfectible, la même douleur discrète et irréparable.

Il n’y aurait rien de plus facile que d’instrumentaliser cette mort pour reparler de la pertinence de Barkhane, du comportement de tous les acteurs locaux ou même du courage des Maliens installés en France. Je ne m’y risquerai pas cette fois. Toute mort appelle à la dignité, mais plus encore celle de l’un des derniers chevaliers de notre monde si lâche.

miércoles, 18 de agosto de 2021

Morts pour rien ?


 
 
 

Je ne sais pas ce que c’est qu’être soldat. Je ne sais pas pourquoi on s’engage, pourquoi on s’en va, si partir, c’est forcément mourir. 

Ni ce qu’on a dans le cœur quand on arrive sur le tarmac, s’il est vide ou s’il porte, lui aussi, ce bon vieux barda d’incertitudes, d’amour, de regrets, de hargne ou d’insouciance. 

Je ne sais pas ce que c’est qu’être marsouin, marin, pilote, légionnaire, parachutiste, cavalier, tout à la fois, ce qu’on voit briller sur les Champs-Élysées avant d’être propulsé sur un champ de bataille. Toutes ces médailles reçues pour l’honneur, pour le prestige, pour la gloire et l’infortune d’un dévouement sans limites, sans et sans horizon, jusqu’à mourir, peut-être. Pour la . Ou pour rien, paraît-il.

Je ne sais pas. Alors, j’imagine. J’imagine qu’on ne choisit pas de donner sa vie par défaut. Que ce pays pour lequel on accepte de mourir est au-delà de tout. Qu’il s’agit d’une patrie intérieure, enracinée, d’une âme-nation garante d’un étendard maculé de toutes nos grandeurs, de tous nos périls, de tous nos lauriers, de tout notre sang, de tous nos hymnes, de toutes nos larmes, de tous nos lys, de tous nos martyrs, de tous nos prodiges, de tous nos sacrifices, de tout notre amour… J’imagine qu’on n’écrit pas en lettres d’or des noms de batailles inutiles.

lunes, 4 de enero de 2021

Soldats français tués au Mali : que fait-on encore là-bas ?


Entre la météo et les dernières nouvelles du front du Covid-19, on apprend régulièrement qu’au Mali, de jeunes Français perdent la vie dans le combat, contre le terrorisme selon la version officielle, en fait contre les dont les frères sont accueillis chez nous. 

Évidemment, le Président et le ministre des Armées expriment réglementairement leur émotion tout en préparant, j’imagine, leur tenue pour aller s’incliner sur les cercueils des nôtres tombés si loin.

Que nos soldats risquent leur vie pour la protection des Français n’est, en soi, pas scandaleux. C’est leur raison d’être. Ce qui l’est, dans cette affaire, c’est que le sens de leur sacrifice n’est plus discernable.

Je n’ose penser que les derniers ont peut-être été tués par ceux-là mêmes qu’ a consenti à libérer pour « récupérer » Sophie (pardon, Mariam) Pétronin il y a peu. Pourtant comment ne pas l’imaginer ? Comment ne pas se rappeler une fois de plus que, pendant que nous risquons la vie des nôtres au , 80.000 Maliens vivent chez nous, tranquilles. La famille Traoré ne serait-elle pas mieux à défendre « ses valeurs » là-bas plutôt que subir la « tyrannie blanche » ici ? Comment ne pas imaginer le désarroi, l’inquiétude de nos soldats luttant là-bas, alors qu’ils ne sont même pas rassurés sur la sécurité de leurs familles ici parce que le chef qui les exhorte au combat contre la vague islamiste africaine est incapable d’endiguer l’invasion des mêmes chez nous et d’assurer la sécurité des quartiers où vivent leurs familles ?

Que fait-on encore, là-bas ? Chaque fois qu’un de nos soldats tombe, on ne peut s’empêcher de se poser la question. Peut-on apercevoir la lumière au bout du tunnel quand on ne connaît même pas le but de guerre ?

En décembre 2019, en déplacement au Mali avec le président de la République, le général Lecointre, chef d’état-major des armées, déclarait, au sujet de notre engagement au Sahel : « Nous sommes ici pour assurer notre sécurité pour les 30 ans qui viennent […] car si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes, laisser la place à l’État islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera. »

Je voudrais pouvoir oublier ses derniers mots qui sont une prise de position politique qu’on n’attend pas d’un soldat.

martes, 3 de diciembre de 2019

Ils étaient treize

 
 


Ils étaient treize. Treize beaux soldats dont les portraits s’affichent sur l’écran.

Certains aux joues encore enfantines, d’autres aux traits burinés.

C’étaient des hommes. Courageux, fiers.
Là-bas, au milieu de ces pierres rouges, ils nous protégeaient.
Ils protégeaient leur France. Notre France.
Le désert rouge où parfois trottaient un chamelon et sa mère.
Peut-être des scarabées, des fennecs.
Et ces petites vies les enchantaient sûrement, dans les vents de sable, la chaleur, loin des leurs.
Certains avaient peut-être l’accent chantant de nos belles provinces, Gap, Pau, Varces, Saint-Christol… C’était la fraternité sous la tente, la cantine, le courrier, le téléphone.
Des parents, des compagnes, des enfants, des amis.

domingo, 1 de diciembre de 2019

Clément Frison-Roche : “France, ma France, qu’as-tu fait de ta reconnaissance ?”

 
Clément Frison-Roche : “France, ma France, qu’as-tu fait de ta reconnaissance ?”
 
 
Pilote d’hélicoptère et jeune père, le capitaine Clément Frison-Roche allait fêter ses 28 ans le 9 décembre.
 
Marié et père d’un enfant, il fait partie des 13 victimes de l’accident d’hélicoptères qui a eu lieu mardi au Mali. Il faisait partie du 5e régiment d’hélicoptères de combat (RHC) de Pau, qui a perdu sept de ses hommes dans le drame.
 
Un lecteur a retrouvé un poème écrit par Clément Frison-Roche, alors Aspirant au sein de la promotion St Cyr 2013-2015 – Lieutenants Thomazo) Colonel des Gardes de sa promotion, poème paru dans la Revue St Cyr.
 

sábado, 30 de noviembre de 2019

Tragédie du Mali : la gratitude de Romain Salles de Saint-Paul


 
     
 
Le 25 novembre dernier, la France a appris qu’elle avait perdu treize de ses soldats participants à l’opération Barkhane au Mali.
 
Comme à chaque fois, l’annonce de la perte de soldats morts en opération a provoqué de multiples réactions qui en disent long sur notre pays.
 
Il y a d’abord l’émotion et le chagrin face à ces treize vies fauchées et l’unanimité dans l’hommage à ces jeunes hommes qui avaient fait du service de leur pays une vocation.
Il y a eu bien sûr de la dignité mais aussi, et c’est fatal de la récupération et des surenchères.
Mais cette fois-ci, et de façon inhabituelle, un débat sur la nécessité de l’intervention française au Mali.
Ce débat est nécessaire, disons même indispensable, devant le sentiment d’impasse voire d’inutilité que l’on ressent encore plus fortement face au sacrifice de ces jeunes hommes.
Mais normalement à la guerre, on rend d’abord les honneurs aux soldats tombés, avant de discuter des nécessités politiques et des stratégies employées.
On ne va pas faire ici le procès de ceux qui ont mis la charrue avant les bœufs, cela serait dérisoire, et si certains ont pu se disqualifier, c’est leur problème.

En revanche on s’autorisera à distinguer l’un des 13 sacrifiés, non pour lui attribuer une place qui l’éloignerait de ses camarades unis avec lui dans la mort, mais parce que son histoire nous dit quelque chose sur la France, et ce quelque chose nous renvoie à nos responsabilités à tous vis-à-vis de ce pays.
En regardant les photos des soldats disparus, on voit parmi eux un visage grave aux traits un peu amérindiens.
Et l’on apprend que né de parents inconnus à Bogotá il y a 35 ans, le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul est passé d’orphelinat en orphelinat dans la capitale colombienne, avant d’être adopté à l’âge de cinq ans et demi, avec sa sœur cadette, par Philippe Salles de Saint-Paul.

jueves, 28 de noviembre de 2019

La Légion des Maliens de France

 
 


Lundi 25 novembre. 13 militaires français de l’opération Barkhane trouvent la mort au cours d’une mission aux confins du Mali.

Dès le lendemain, une figure emblématique de la communauté malienne de Paris – jeune universitaire très actif dans une ONG de la diversité – interpelle vigoureusement ses concitoyens.

En quelques jours, une conscience commune s’est émue, un élan s’est formé et des centaines, puis des milliers de jeunes hommes, âgés de 18 à 35 ans, se sont présentés, soit spontanément, soit poussés par leur famille, à des centres de recensement installés à la va-vite dans le quartier de La Chapelle, répondant au mot d’ordre « Malien de France, avec Barkhane et tes frères, viens combattre pour ta patrie ! »
Une noria aérienne est organisée vers Bamako, où ces volontaires sont équipés, formés puis intégrés dans les unités du G5 Sahel…
Fin de la fiction.
Voilà ce qui serait juste, normal et digne.

lunes, 13 de mayo de 2019

Otages : l’inconscience meurtrière ?

 
 
 


Depuis 2014, après l’opération Serval, nos soldats sont mobilisés pour contenir des menaces terroristes au Sahel dans une opération extérieure qui porte le nom de « Barkhane ».

Sans intention d’exposer ici les raisons – économique, politique ou sociétale – qui justifient la présence militaire française dans ce coin du globe, il apparaît essentiel de mettre en lumière le comportement irresponsable de ces touristes qui persistent à s’y rendre, malgré les nombreuses mises en garde du ministère des Affaires étrangères.

Ces deux Français, rapatriés aux frais de la princesse France – décidément peu avare des deniers de ses citoyens -, se sont engagés volontairement dans cette aventure en Afrique qui s’est bien terminée pour eux, accueillis bien vivants par le Président Macron sur la base militaire de Villacoublay. Malheureusement, pour les familles de nos deux militaires, Cédric de Pierrepont, né en 1986, et Alain Bertoncello, né en 1991, membres valeureux du prestigieux commando Hubert, groupe d’élite de nageurs de combats, ce sont deux cercueils qu’elles devront accueillir à leur tour.
Ces deux soldats avaient l’âge de nos enfants, ce qui rend leur mort encore plus cruelle.
Nous avons pour eux et, bien sûr, pour leurs familles une pensée toute particulière ; une pensée intense mêlée d’une grande colère, d’une sourde révolte même devant les causes qui ont mené à leur sacrifice.

domingo, 12 de mayo de 2019

L’uranisme rend-il idiot ?

   

chefarmees
 
 
C’est volontairement que je joue le pédant (j’ai bien dit pédant) en utilisant ce substantif littéraire, peu usité,  qui qualifie l’homosexualité masculine.
 
Il y a des mots qui sont bannis du vocabulaire français et qui peuvent vous conduire devant un tribunal.
 
Désormais mieux vaut raser les murs lorsque vous osez prétendre que vous êtes hétéro.
Ceci étant dit en guise d’avertissement, j’en arrive à  mon propos qui concerne ce couple d’enseignants partis en voyage de noces en  safari africain.
Zone rouge ou zone jaune ou zone orange, on s’en fout.
Ce qui est certain c’est qu’il est préférable de partir en goguette dans une région moins risquée que celle que ces deux connards avaient choisie.
Cela faisait dix jours qu’ils avaient été la proie de ravisseurs attirés sans doute par l’insouciance de ces deux randonneurs que l’amour avait rendu idiots.
C’est bien connu que l’amour rend aveugle, et peut-être idiot finalement.
Habituellement, les affaires d’otages trainent durant des mois … de négociations en demandes de rançons, de pourparlers d’ambassades en tractations diverses etc.
Mais cette fois, l’affaire n’a pas trainé … et pour cause, dans quinze jours,  des élections auront lieu en France et les sondages sont inquiétants pour Macron en pleine panique.
Après avoir tout essayé, grands débats, mobilisation des médias,  tentative de pourrissement des manifestations des gilets jaunes, rien ne venait éclaircir l’horizon et les « marcheurs » tournaient en rond.
L’énarque génial soudainement s’est rappelé qu’il était chef des Armées, autant utiliser ce dernier moyen. 

"J'ai perdu l'amour de ma vie"



Soldats morts pour la France sauver deux trous du cul en goguette