10 mai 2020 10 mai 2020
Author: Le Partageux
Voici un message d’une toubib en réanimation qui a tout de la bouteille à la mer larguée par une naufragée au désespoir sur une île déserte.
Et la fin est poignante quand notre brave toubib déplore que « revient l’administration au grand galop pour nous faire faire des économies ».
Faudra-t-il saigner des managers pour en débarrasser les hôpitaux ?
Faudra-t-il égorger des managers en place publique pour que cette espèce malfaisante quitte le pays ?
Un long chemin de déception… Voici comment je vois mon parcours de médecin hospitalier depuis plusieurs années.
Le bonheur des études
J’ai fait des études de médecine d’une seule traite, sans redoubler, en étant fascinée par tout ce que j’apprenais.
J’ai rencontré des médecins extraordinaires qui m’ont enseigné leur savoir, leur savoir-être.
Ils m’ont donné l’envie de rester à l’hôpital.
J’ai fait une spécialité hospitalière par choix avec l’envie de rendre service.
Une vie de femme
Après un internat, épuisant mais motivant, j’ai été chef de clinique.
Puis on m’a annoncé que je n’aurais pas de poste car on ne voulait pas de femme PH, praticien hospitalier, dans le service.
Oui, les congés maternité c’est sournois, ça met tout le monde dans la merde…
Mes quatre-vingts gardes annuelles, ce n’était pas assez.
Je suis partie passer deux ans à l’étranger.
J’ai appris d’autres choses, je me suis passionnée encore plus pour ma spécialité…
Et finalement un PUPH, professeur des universités praticien hospitalier, de mon CHU, centre hospitalier universitaire, m’a demandé de revenir, en me promettant que j’aurais une place qui me correspondrait.
Avaler des couleuvres
Je suis revenue en perdant plus de la moitié de mon salaire.
Et j’ai retrouvé un CHU encore plus dysfonctionnel qu’avant.
Une guerre larvée entre le chef de l’unité et le chef du département.
Conflit de loyauté.
J’étais loyale au PUPH, chef de mon département, qui me faisait participer à des projets de recherche. Du coup mon chef d’unité a commencé à pourrir mon planning.
Gardes et astreintes ingérables, aucun respect de mes desiderata pourtant peu nombreux.
Un jour on m’a annoncé que j’allais dans un autre service car il y avait eu des départs.
Pas le choix, désignée d’office en mon absence.
