
Frédéric Sirgant 24 février 2024
« Grand dégât », « Fiasco »
: la presse rivalise de termes flatteurs pour décrire l'hallucinante
initiative d'Emmanuel Macron d'organiser au Salon de l'agriculture un
nouveau « Grand débat » avec, parmi les invités, les ...Soulèvements de
la Terre.
Vous savez, cette organisation d'extrémistes écolos qui
dévastent les champs et les installations agricoles, comme à Sainte-Soline, l'an dernier. Une organisation que Gérald Darmanin disait vouloir dissoudre.
Emmanuel Macron n'a peur de rien, pourvu que triomphe la magie de son
« en même temps » auquel il semble encore croire, de plus en plus seul
visiblement. Les Soulèvements de la Terre : un jour parias, un jour
invités sur tapis rouge. Comme pour l'affaire de l'arc républicain.
Souplesse, contradictions, improbable synthèse hegelienne entre
terroristes écolos et agriculteurs dont l'incarnation se serait nommée
Emmanuel Macron. Le grossier meccano élyséen a explosé. Et les refus se
sont multipliés.
Michel-Édouard Leclerc, lui aussi invité en tant que représentant de la grande distribution, a eu des mots très durs, sur X : «
Je n’ai pas attendu l’annonce foireuse d’un "grand débat" pour échanger
avec des agriculteurs de nos régions. Je ne participerai pas à ce que
j’estime être une grossière manipulation », ajoutant qu'il n'avait pas «
vocation ni à jouer l’idiot utile d’une opération de diversion, ni à
être l’otage de stratégies politiciennes liées aux prochaines élections
européennes ».
Mais ce sont évidemment les représentants des agriculteurs qui ont
décliné cette invitation offensante avec colère, même après l'exclusion
des Soulèvements de la Terre. Sur le réseau X, le président de la FNSEA
Arnaud Rousseau a fulminé : « Les conditions d’un dialogue plus
apaisé ne sont pas réunies et la dignité des agriculteurs est bafouée
par cette démarche qui porte le sceau de la provocation. Dans ce climat
d’exaspération, et face aux risques de débordement, nous demandons à ne
pas tenir ce débat. »