
Depuis
les débuts de la pandémie, les pénuries criantes qui paralysent
l’action sanitaire de l’Europe, mais également son redémarrage
industriel suspendu aux approvisionnements chinois, ont convaincu tout
le monde qu’il faut relocaliser d’urgence.
C’en est même devenu un mantra, repris par tous, y compris les plus ardents défenseurs du libre-échangisme, dont Macron et Le Maire…
Le souverainiste que je suis ne pourrait que se réjouir de constater l’adhésion unanime à ses idées, qui valaient il y a encore quelques semaines des procès en hérésie, irréalisme économique, passéisme : nous allions réveiller la bête nationaliste et en même temps ruiner l’économie…
Sauf que la réalité finit toujours par rattraper les utopies, et dans le cas présent, la réalité est particulièrement cruelle et amère pour nous.
La France compte aujourd’hui près de 9 millions de personnes au chômage à temps partiel, qui s’ajoutent aux 6 millions et demi de chômeurs des quatre catégories qu’elle traîne depuis vingt ans. Au lendemain du confinement, les choses ne retourneront pas à la « normale » du jour au lendemain et le taux de chômage sera probablement, pour longtemps, bien supérieur à ce que nous supportions déjà avant…
Relocaliser est donc une urgence cruciale, impérieuse, vitale même, car l’économie tertiarisée ne pourra jamais absorber le tiers du quart des bataillons de sans-emploi qui vont plonger nos pays dans la précarité et l’instabilité.
