
La semaine dernière, l’une des leaders les plus médiatiques des Gilets jaunes, Ingrid Levavasseur, lançait sa liste pour les européennes, avec des ex-socialistes ou ex-En marche !
À peine initiée, l’affaire a fait pschitt, Hayk Shahinyan expliquant, sur Facebook, être « en proie aux doutes ».
Jacline Mouraud, dont la vidéo virale avait été l’un des déclencheurs du mouvement, a, quant à elle, créé son parti politique : « Les Émergents ».
Sa conférence de presse ne manque pas d’intérêt : pour elle, « la phase 1 des revendications est terminée » et il s’agit de passer à « la phase 2, de la construction » .
L’ambition est immense : « réinventer la politique » mais, dès l’expression lâchée, on retombe dans le déjà-entendu-mille-fois chez nos hommes politiques depuis quarante ans : les rénovateurs d’ici ou la jeune garde de là.
Une mauvaise langue de bois reprise par des novices sympathiques et maladroits, c’est… drôle !
Un psychologue d’autrefois observerait tout de même qu’il y a une façon genrée d’aborder la politique chez les gilets jaunes : les femmes sont dans le possible, le constructif, le dialogue.
Ou la compromission.
Mais les hommes, eux, s’inscrivent dans des démarches et une imagerie politiques plus viriles et révolutionnaires.
Samedi soir, après la blessure de Jérôme Rodrigues, Éric Drouet appelait au « soulèvement » dans un communiqué.
Depuis, il est revenu sur ce texte et en a donné une explication moins insurrectionnelle sur le plateau des « Grandes Gueules », « soulèvement » voulant dire « appel à la mobilisation » pour les prochaines manifestations.
Histoire que Christophe Castaner ne saute pas sur l’occasion pour le remettre en garde à vue.