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jueves, 10 de octubre de 2024

Tourcoing : des professeurs soutiennent l’élève voilée et non la prof agressée


La leçon de la journée de la laïcité en 2020. Capture d'écran © Facebook Lycée Sévigné Tourcoing 
 
La leçon de la journée de la laïcité en 2020. Capture d'écran © Facebook Lycée Sévigné Tourcoing 
 

Nouvelle affaire, énième affaire de voile islamique à l’école. 

Celle-ci se passe à Tourcoing, dans le lycée professionnel et technologique Sévigné.

Lundi dans l’après-midi, un professeur demande à une élève de 18 ans d’enlever le voile qu’elle vient de mettre alors qu’elle n’a pas encore quitté l’établissement. Une fois à l’extérieur, la lycéenne gifle son professeur, qui lui en renvoie une. La lycéenne la roue alors de coups avant de prendre la fuite. Elle est interpellée le soir même à son domicile et placée en garde à vue. Ce mercredi, Warda H. s'est présentée au tribunal sans voile mais coiffée d'un chignon, en veste de tailleur. Elle a été placée sous contrôle judiciaire jusqu’à l’audience fixée au 11 décembre.

Comme il se doit, le règlement intérieur du lycée énonce qu’est interdit tout signe, toute tenue ostensiblement religieuse. Mais on apprend dans un reportage de BFMTV que c’est un « jeu » pour quelques lycéennes de remettre leur voile avant même d’avoir quitté l’établissement. Un « jeu » ? Autant dire un harcèlement à l’encontre de la communauté éducative. Pour voir si celle-ci va craquer, laisser couler - à l’usure.

Le rectorat aux abonnés absents

Le rectorat est injoignable par téléphone et ne répond pas aux mails. Contactée par BV, la direction du lycée nous répond qu’elle n’a aucun commentaire à faire sur l’incident qui s’est déroulé lundi après-midi. Il semble pourtant qu’il y a matière. Ne serait-ce que parce que d’autres élèves ont appelé à bloquer le lycée en soutien à la lycéenne incriminée. Mieux : celle-ci aurait reçu l’appui d’une dizaine de professeurs, au nom de la lutte contre les discriminations, selon nos confrères de Valeurs actuelles. Drôle d’équipe pédagogique, non ? En 2003, le lycée Sévigné avait déjà fait parler de lui à cause d’une enseignante qui portait un « foulard » dans l’établissement.

Soutenue par plusieurs syndicats, l’enseignante a été placée « sous protection fonctionnelle », c’est-à-dire que son administration doit prendre les mesures adéquates pour lui éviter une nouvelle agression. Au lycée Sévigné, les cours sont toujours suspendus, mais il y flotte un tel « sentiment d’insécurité » que le rectorat y a envoyé des Equipes mobiles de sécurité (EMS), dont la fonction est de sécuriser les abords de l’établissement, et des équipes Valeurs de la République, destinées à « soutenir les personnels et proposer des réponses pédagogiques, réglementaires, disciplinaires ». Ils pourront relire ensemble les 148 pages du Vademecum de la laïcité dans l’espoir d’y trouver une solution concrète à ce problème : qu’est-ce qui perturbe la vie scolaire, « Le voile dit islamique (sic), la kippa, le turban sikh, le bindi hindou ou une croix de dimension excessive » ?

miércoles, 6 de diciembre de 2023

La gauche et l’immigration : jusqu’au bout… jusqu’à la nausée [L’Agora]


 

 

En mars 1953, les Lettres Françaises, un coin-coin intello lié au Parti Communiste Français, publie en Une le portrait de Staline.

 Mais Staline jeune. Sans la grosse tête, la vérole et les verrues. 

Le “Vojd” est mort en début de mois et toute la communisterie mondiale est en deuil. Au goulag ça sort l’alcool de limace par contre. Pour l’occasion, Aragon a demandé à Picasso de lui faire un dessin du “Grand Chauffeur de la locomotive de l’Histoire” pour ses “Lettres” dont il est le directeur. Or le dit-portrait va choquer tout le monde rouge. “Je ne retrouve pas son regard si doux” affirme l’une des milliers de lettres reçues au journal. Pourtant ce dessin au fusain n’a rien de particulier mais il ne montre tout simplement pas Staline comme les communistes français “l’imaginaient” à l’époque.

Parce que les communistes ça “imagine” beaucoup.

  Autocritiques. Exclusions. L’affaire du portrait de Staline laissera quelques stropiats sur le bord de la route vers “l’avenir radieux” et signera même un tournant dans les rapports entre le Parti et le monde intellectuel généralement “communistolâtre d’habitude”.

Il faut dire que le monde rouge français mettra longtemps à avaler le rapport Khrouchtchev de 56. Des années. Décennies ! Le mot “Stalinisme” ne sera même prononcé pour la première fois par un dirigeant français du PCF (Marchais en l’occurrence) qu’en 1975.

Durant toutes ces années, les cocos français ont été les plus fervents, les plus aveugles, les plus phénoménalement dévots des staliniens. Les trains de cadeaux de 49 pour l’anni de pépère. L’alignement total sur Moscou. L’approbation de la répression des “Printemps”. C’était ça le communisme à la française. Fidèle et con. Jusqu’à la folie. Jusqu’à l’insensé.

Mais cette dinguerie a quelques excuses. L’URSS était loin. Pas de réseaux sociaux ou de chaînes d’info en continue. Et il n’y avait pas de goulag à Clermond-Ferrand. Un paysan de l’Allier qui ne lisait que l’Huma et le coin-coin du Modef ne pouvait pas se rendre compte de ce qu’était réellement l’Union Soviétique. Il n’avait plus que sa foi. Religieuse ! Et puis la galaxie communiste française était sous perfusion de Moscou. La moindre critiquouillette et c’était la fin des valise de roubles. Valise diplo. Et le pognon, ça solidifie les allégeances.

Or, bien avant la grande déstalinisation de la Gauche française au milieu des années 70 (20 ans après la mort du principal intéressé quand même), il y avait déjà des critiques, des incroyants au paradis du socialisme soviétique, des antistals de gauche, des opposants à bloc au catéchisme coco.