
FRANCE, Paris : French-Moroccan journalist Zineb el Rhazoui smiles during the Fête de l'humanité in Paris on September 15, 2015. She was suspended by the Charlie Hebdo board of directors on May 13, 2015. - CITIZENSIDE/BERNARD MÉNIGAULT
Elle a 36 ans, s’appelle Zineb El Rhazoui. On la connaît sous le nom de Zineb, sa signature de journaliste.
Zineb est franco-marocaine, réchappée par miracle de la tuerie de Charlie Hebdo : quand ses collègues se faisaient mitrailler par les frères Kouachi, Zineb passait des vacances en famille au Maroc, sa patrie d’origine.
C’est dans ce pays où elle est née que ses ennuis ont commencé.
Elle y a été plusieurs fois arrêtée, notamment pour avoir organisé, avec le mouvement qu’elle a fondé (le MALI, pour Mouvement alternatif des libertés individuelles), un pique-nique en plein mois de ramadan.
Réfugiée en France, où elle avait fait ses études, Zineb est embauchée en 2013 à Charlie Hebdo.
Elle y traite des religions, sa spécialité, jusqu’à ce 13 janvier 2015, jour de la tuerie.
Curieusement, elle va en être écartée quatre mois plus tard, visée par une mesure de licenciement. L’affaire fait du bruit.
On s’émeut de voir cette sociologue des religions, militante acharnée contre les intégrismes – c’est elle qui a scénarisé La Vie de Mahomet, dessinée par Charb –, en butte aux tracasseries d’une direction que tout le monde adule et sur qui tombe la manne : il faut « être Charlie » ou ne pas être…