
Le 23/04/2025
Chênes abattus illégalement, forêts privées rasées sans autorisation, propriétaires escroqués : un trafic lucratif de bois sévit en France.
La fédération Fransylva tire la sonnette d’alarme face à l’ampleur d’un phénomène largement sous-estimé.
Depuis plusieurs années, les forêts françaises, en particulier les forêts privées qui couvrent 75 % du territoire forestier national, sont devenues la cible de réseaux organisés opérant des vols d’arbres à grande échelle. Les essences les plus convoitées, notamment le chêne, peuvent se revendre entre 500 et 1 000 euros l’unité sur le marché mondial, comme le rappellait CNews le 8 avril. Cette flambée des prix alimente un trafic structuré, souvent tourné vers l’exportation, notamment vers la Chine.
Les exemples se multiplient. Dans la Meuse, quinze propriétaires ont porté plainte après une série de vols de chênes soigneusement sélectionnés. Le préjudice s’élève à 40 000 euros, selon un article de Franceinfo publié le 15 mars. À Charly-Oradour, en Moselle, une parcelle entière a été rasée sans le moindre accord du propriétaire, rapportait l’UFC – Que Choisir le 10 avril. À Perles-et-Castelet (Ariège), un bûcheron espagnol a été condamné à 18 mois de prison, dont 9 fermes, pour avoir abattu entre 300 et 400 arbres sans autorisation.
Trois méthodes sont principalement recensées : les coupes sauvages sur parcelles peu surveillées, le « dépassement de limite » (coupes débordant volontairement sur les terrains voisins), et l’escroquerie auprès de propriétaires vulnérables, notamment âgés, à qui l’on achète des parcelles pour des sommes dérisoires sous la pression ou la tromperie.