La médiathèque de mon village est conforme au règlement préfectoral : les bénévoles qui la tiennent doivent posséder un pass et porter un masque.
Le public aussi. Le masque est pour les plus de 11 ans.
Non-vaccinés et chiens restent dehors (voir affichette). Tout était parfaitement clair. La surface de la bibliothèque est de 100 m², surface minimale pour les communes de moins de 1 430 habitants. Tout était indiqué sur la porte d’entrée, à commencer par « Pour votre sécurité pas plus de 7 personnes simultanément dans la bibliothèque ». Taux d’incidence, visite d’une autorité, que sais-je… le « 7 » a été rayé au stylo bleu et remplacé par « 4 ».
Comme on n’est jamais trop prudent, le « 4 » a été ensuite remplacé par un « 2 » au feutre rouge. Toutes les précautions étaient prises en fonction de la check-list : gel à disposition et un bon conseil : « Provisoirement vous ne pouvez plus lire ou raconter des histoires sur place ». Le seul habilité à « raconter des histoires » était le préfet.
Bibliothèque entrée
Bon, tout allait bien jusqu’au jour où…Une bénévole, médecin à la retraite, vaccinée et revaccinée, etc.
s’est faite tester. Quelle idée ! me direz-vous. Eh bien, c’était son
idée à elle. Je n’en aurais pas fait autant, je n’aurais jamais douté de
l’efficacité du vaccin, mais elle, si. A partir de là, le ver était
dans le fruit. Elle avait pensé aux autres vaccinées de la médiathèque,
les six bénévoles, évidemment contaminées (ce n’est pas de l’inclusion,
c’est simplement qu’il n’y a que des femmes pour s’occuper de la
bibliothèque). Que font les hommes pendant ce temps-là ? Tiens !
demandez-leur donc !
La tante Améli est formelle : un cas positif vacciné ne doit pas être
isolé comme un non-vacciné (lui, il lui faut dix jours à partir du test
positif). Le vacciné positif doit cependant respecter certaines règles
sanitaires pour briser les chaînes de transmission du Covid-19. « Il
lui faut informer de son statut les personnes qu’il a croisées
48 heures après avoir rencontré la personne malade à l’origine de la
contamination et leur recommander de limiter leurs contacts sociaux et
familiaux. » Les bénévoles ont donc fermé de la médiathèque. Par prudence.
Sur la porte de la bibliothèque aucune mention du drame n’a été
affichée.


