Marie Delarue
Non seulement les gamins ânonnent, mais plus grave encore : ils ne comprennent pas le sens de ce qu’ils lisent.
Un tsunami lacrymal qui emporte tout sur son passage…
Car il y a de quoi pleurer, en effet, même si l’on n’est pas fan de Johnny Hallyday.
La mort du rockeur septuagénaire, ce matin, éclipse tout.
Oublié, déjà, Jean d’Ormesson, le fin lettré qui s’en est allé mardi.
Et ignoré, le minable classement des petits Français en matière de lecture, nouvelle qui aurait terrassé l’académicien s’il en avait eu connaissance.
Mais voilà, il y a Johnny et la France qui pleure… tellement plus important pour les médias que notre déconfiture culturelle.
L’an passé, nous prenions un coup de massue sur la tête en apprenant les résultats de l’étude TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) qui révélait le niveau catastrophique des écoliers français en mathématiques et en sciences : en dessous de la moyenne européenne.
Cette fois, c’est l’enquête PIRLS (pour Progress in International Reading Literacy Study), réalisée en 2016 dans cinquante pays sur des élèves de CM1, qui nous assène le coup fatal : les petits Français sont également en queue de peloton pour la lecture…
Les écoliers français se classent 34e sur 50, et avant-derniers au niveau européen, juste devant la Belgique francophone.
Bien loin des champions que sont la Russie, Singapour et Hong Kong.
Bien loin, aussi, de l’Irlande (qui fait la part belle aux childminders et écoles Montessori), la Finlande et la Pologne.
