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jueves, 3 de octubre de 2019

À Lubrizol, ces produits ont-ils brûlé, oui ou non ? (ft. Elisabeth Borne)

 
 

                 
 
Ajoutée le 1 oct. 2019
 
Depuis vendredi vous savez.
Vous savez ce qu'il y avait dans l'usine Lubrizol à Rouen.
Alors l'hydroxyde de potassium, une substance corrosive pour la peau, les yeux, et surtout les voies respiratoires, a t-il brûlé ?
Oui ou non ?
Ce mardi 1er octobre, à l'Assemblée nationale, les ministres ont à nouveau refusé de répondre.
Quand on a rien à cacher, on le montre.

martes, 1 de octubre de 2019

Lubrizol : ne pas se tromper de responsable…

 
 



C’est vrai que c’est dangereux, une usine qui ne manipule et ne produit que des produits dangereux, mais c’est une usine avec tout un tas d’emplois directs et indirects.

Lubrizol, c’est un modèle du genre en termes de qualité de production, de respect des normes les plus draconiennes (ISO 9001, ISO 14001, OHSAS 18001 : qualité, environnement, santé et sécurité).

Lubrizol, c’est une entreprise où les 400 salariés sont heureux, formés, respectés, ou le management est cité en modèle.
J’ai formé un bon nombre de salariés de Lubrizol en alternance et je sais de quoi je parle.
Est-ce la faute de Lubrizol, implantée dans la zone depuis 1954, si cette « bombe potentielle » est quasiment en plein centre de Rouen et si des habitations ont été construites à proximité, alors que c’est une usine Seveso à hauts risques ?
N’est ce pas, plutôt, une question d’aménagement du territoire ?
S’il vous arrive de prendre l’autoroute A13 pour aller en Normandie, je vous invite à sortir à Tourville-la-Rivière et à regagner Rouen par la route qui longe la Seine.
Vous y traverserez un désert industriel avec de gigantesques usines et entrepôts à l’abandon, les squelettes d’un temps révolu : celui de la splendeur industrielle de la Basse Seine.
Il ne reste plus rien de cet âge d’or, enfin presque.
Quelques reconversions en entrepôts logistiques, mais pourquoi ne pas y déménager Lubrizol ?
Des entreprises comme Lubrizol, c’est nécessairement « pain bénit », même si sa localisation géographique actuelle est absurde au regard de son activité.
Pour autant, il n’y a eu aucune victime et les circonstances de l’accident sont pour le moins suspectes, le directeur de l’usine l’a souligné à juste titre.
Connaîtra-t-on, un jour, la vérité sur les causes de cet accident ?

lunes, 30 de septiembre de 2019

INTERVIEW. « Les gens ont raison d’avoir peur s’ils étaient sous le panache », à Rouen


Sociologue de la santé et directrice honoraire de la santé, Annie Thébaud-Mony alerte sur les dangers liés à la toxicité différée liée au panache de fumée, jeudi 26  septembre 2019 à Rouen.


Sociologue de la santé et directrice de recherche honoraire à l’Inserm, Annie Thébaud-Mony alerte sur les dangers liés à la toxicité différée liée au panache de fumée, jeudi 26 septembre 2019 à Rouen. (©R-T/76actu)
 
Sociologue de la santé, Annie Thébaud-Mony ne décolère après l'incendie de Lubrizol à Rouen, jeudi 26 septembre.
 
Elle alerte sur les conséquences de la catastrophe industrielle.
 
Annie Thébaud-Mony est sociologue de la santé, directrice de recherche honoraire à l’Inserm et spécialiste des maladies professionnelles et environnementales.
Elle a, à plusieurs reprises, dénoncé à travers ses travaux « l’impunité des crimes industriels ».
Au lendemain de l’incendie de l’usine chimique Lubrizol à Rouen, elle soutient que « les gens ont raison d’avoir peur s’ils étaient sous le panache.
Les dangers liés à la toxicité différée et ses conséquences doivent être pris en compte et un suivi médical strict doit être mis en place ».

 
« La combustion redouble la toxicité »

76actu : Au lendemain de l’incendie de Lubrizol à Rouen, la peur gagne les habitants de la ville. Les gens ont-ils raison d’avoir peur ?

Annie Thébaud-Mony : Oui, il faut être inquiet.
Lubrizol est un site Seveso seuil haut, ça veut dire qu’il y a des produits toxiques. Et quand on brûle ce type de produits, la combustion redouble la toxicité.

L’incendie est terminé, les résultats d’analyses communiqués par la préfecture se veulent rassurants
Vous n’y croyez pas ?

Le préfet a pris soin hier [jeudi 26 septembre 2019, ndlr] d’avoir un discours rassurant parce que le danger imminent a effectivement été écarté : ils ont évité le pire.
Mais ce n’est pas parce que la toxicité immédiate est écartée qu’il ne faut pas évoquer la toxicité différée.
Les autorités savent très bien que ce nuage qui est passé au-dessus de Rouen est chargé en poussière hautement toxique qui est au minimum cancérogène.
On n’a toujours pas le détail de ce qui est parti en fumée, mais on sait que lorsque ça brûle il y a des hydrocarbures, ceux-là mêmes qui se trouvent dans le tabac.
Quant aux suies, quand il déclare que les résultats d’analyses sont globalement satisfaisants, il faut insister sur le fait que les suies sont intrinsèquement cancérogènes également.

Qui doit, selon vous, s’inquiéter de cette toxicité différée ?

domingo, 29 de septiembre de 2019

Alors voila, j'avais besoin d'en parler

 
 
 
 
Merci à fabie

Omerta sur une catastrophe industrielle majeure aux portes de Paris



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Photo © I. Michel / Sdis78
par Marc Laimé, 27 septembre 2019


En plein été, une installation stratégique de la plus grande station d’épuration des eaux usées d’Europe est totalement détruite par le feu à trente kilomètres de la capitale.

Il faudra entre trois et cinq ans pour la reconstruire, au prix, dans l’intervalle, d’une pollution gravissime de la Seine.

Ce site n’a cessé d’enregistrer des sinistres de plus en plus graves depuis plusieurs années.
Sa gestion est entachée par des dévoiements sans précédent en matière de marchés publics.
Un désastre absolu, qui ne suscite qu’une inquiétante indifférence.

Le 3 juillet dernier, un incendie spectaculaire se déclenche sur le site classé « Seveso seuil haut », c’est-à-dire faisant l’objet d’une surveillance particulière en raison de la toxicité des produits qu’il abrite, au sein de l’usine « Seine Aval » (SAV) du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) implantée dans la plaine d’Achères, dans les Yvelines (1).

S’étendant sur 600 hectares, la gigantesque station d’épuration, à l’intérieur de laquelle on ne se déplace qu’en voiture ou en camion, est lovée dans une boucle de la Seine, à cheval sur les villes de Saint-Germain-en-Laye, Maisons-Laffitte et Achères.
Elle traite 60 % des eaux usées de 9 millions de Franciliens, ce qui fait d’elle la plus grande station d’épuration d’Europe.
 
  C’est un bâtiment de 6 000 m2 servant à la « clarifloculation » des eaux usées (procédé d’élimination des particules en suspension, notamment des phosphates (2)), abritant plusieurs cuves de chlorure ferrique, substance toxique et hautement corrosive, qui a pris feu.
L’unité se situe au début de la filière de traitement des eaux usées, et abrite une myriade de colonnes en plastique, dans lesquelles circule le chlorure ferrique.
Un énorme panache de fumée noire se dégage aussitôt, visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

En l’espace de quelques mois, c’est le quatrième incident grave, incendie ou explosion, sur ce même site.
À 19 heures le sinistre n’était toujours pas maîtrisé par les sapeurs-pompiers du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) 78, qui avaient dépêché sur place plusieurs dizaines de véhicules et au moins 70 soldats du feu.
À 18 heures 45, d’autres camions et d’autres sapeurs-pompiers continuaient d’arriver sur le site. « Nous avons dû procéder à une alimentation en Seine avec un bateau pompe. Nous avons également utilisé des motos pompes remorquables dans les rétentions des eaux usées », expliquait le lieutenant-colonel Christophe Betinelli, commandant des opérations de secours.
Ce que l’honorable lieutenant-colonel ne pouvait évidemment pas déplorer publiquement, c’est que les conduites alimentant les poteaux d’incendie — sur lesquels les pompiers branchent leurs lances — passaient… sous le bâtiment qui a brûlé.
Les poteaux étaient donc inutilisables.
« Inconcevable », confiera un pompier présent sur place.
Il faudra attendre quatre jours pour que le sinistre soit totalement maîtrisé, après la venue de la gigantesque échelle déjà utilisée pour venir à bout de l’incendie de Notre-Dame de Paris.
Dès le lendemain matin, le syndicat FO du SIAAP dénonçait une situation « catastrophique » :
« La situation à SAV s’est fortement dégradée depuis plus de deux ans. Vendredi dernier, nous avons adressé à l’inspection du travail sept alertes de dangers graves et imminents (dont le SIAAP n’a toujours pas tenu compte malgré ses obligations en la matière), pour des fuites de gaz ou des départs d’incendie. Hier avec l’incendie de la clarifloculation, les herbes hautes et sèches ont pris feu, lequel a failli atteindre la zone Biogaz. »