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miércoles, 24 de julio de 2024

Plan « Périclès » : ce que l’on sait du projet du milliardaire catholique Pierre-Edouard Stérin pour promouvoir des valeurs conservatrices et faire gagner la droite aux élections


Pierre-Edouard Stérin, le 19 juillet 2010 dans ses bureaux de Clichy (Hauts-de-Seine). (GILLES BASSIGNAC / JDD / SIPA)

 Publié le 20/07/2024 

 Ce plan de « bataille culturelle » ambitionne de promouvoir des valeurs culturelles de droite en finançant des cercles de réflexion qui visent à influencer le cadrage médiatique. 



Il passe aussi par un soutien à des personnalités politiques acquises à sa cause, RN en tête.

 

Il a échoué à racheter le magazine Marianne, mais son influence dépasse ses propriétés médiatiques. Le milliardaire français Pierre-Edouard Stérin, fervent catholique et exilé fiscal libertarien, n’agit pas seulement à travers les nombreuses entreprises dont il possède des parts. Ses équipes ont conçu un plan structuré pour faire gagner du terrain à ses valeurs politiques et religieuses conservatrices, à travers les médias et en soutenant des personnalités politiques de droite et d’extrême droite.

Ce projet, baptisé « Périclès », est présenté en détail dans un document datant de 2023. Son existence a été dévoilée intégralement par le quotidien de gauche L’Humanité, jeudi 18 juillet, et confirmée par les équipes de Pierre-Edouard Stérin auprès de plusieurs médias, dont Mediapart et Le Journal du Dimanche. Voici ce qu’on sait de cette stratégie de « bataille culturelle », comme le présente au FigaroVox Pierre-Edouard Stérin, une des plus grandes fortunes de France, qui doit notamment son succès à la société de coffrets-cadeau Smartbox.


La promotion du libertarisme économique et de convictions conservatrices

Dans le document dévoilé par L’Humanité, le projet « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes ») est présenté comme fondé et administré par Pierre-Édouard Stérin et deux de ses proches : François Durvye, directeur général du fonds Otium Capital, et Alban du Rostu, directeur général du Fonds du bien commun. Les deux structures financières appartiennent au milliardaire, plusieurs fois placé au sommet du classement des investisseurs français spécialisés dans les entreprises innovantes, et qui met en avant depuis plusieurs années ses dons à des associations portant ses valeurs.

Leur stratégie vise à « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » d’un ensemble de « valeurs clés ». Parmi elles, des valeurs libérales comme la « liberté individuelle et d’entreprendre », et d’autres plus conservatrices ou traditionalistes, comme la présentation de « la famille » comme la « base de la société », la revendication d’une « place particulière du christianisme » ou d’une « fierté de notre histoire, notre identité, notre culture ». Ces idées sont placées en opposition de « tendances » présentées par les auteurs du document comme « les maux principaux de notre pays », dans lesquels ils incluent pêle-mêle « socialisme, wokisme, islamisme, immigration » ou « laïcité agressive ».


« Imposer ses thèmes » par une « guérilla juridique » et médiatique

Pour distiller leur idéologie, les concepteurs de Périclès prévoient une stratégie d’action à tous les niveaux de la société – juridique, médiatique, politique et administratif. Dans un premier temps, le plan prévoit une « guérilla juridique » contre « l’islamisme, l’immigration, l’attaque à la liberté d’expression, la théorie du genre (…) afin de faire changer la peur de camp, faire appliquer la loi et se défendre des attaques adverses, faire évoluer la loi ». Un projet déjà partiellement lancé, à travers la création du collectif Justitia en mai 2023 en collaboration avec le cercle de réflexion conservateur Institut Thomas More.