
Par Julie Ruiz AFP agence
Publié le 15/01/2018
Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné Mathieu Gallet, l'actuel président de Radio France, pour avoir signé des contrats qui auraient favorisé deux sociétés de conseil entre 2012 et 2014 alors qu'il était à la tête de l'INA. Il a fait savoir qu'il interjetterait appel.
Le verdict est tombé pour Mathieu Gallet.
L'actuel patron de Radio France a été condamné lundi par le tribunal de Créteil à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour délit de favoritisme, alors qu'il présidait l'INA.
Il lui est reproché d'avoir signé, entre 2012 et 2014, des contrats qui ont coûté plus de 400.000 euros à l'établissement public sans mise en concurrence préalable.
Les avocats de Mathieu Gallet ont annoncé qu'il faisait appel de sa condamnation.
«Compte tenu des conditions dans lesquelles l'enquête et l'audience se sont déroulées, la décision du tribunal n'est pas une surprise.
Nous faisons immédiatement appel pour que la Cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense», ont-ils expliqué à la sortie du tribunal.
Amélie Cladière, procureur dans cette affaire, a soupçonné un usage frauduleux de l'argent public à des fins personnelles.
Dans le viseur de la magistrate, un premier contrat passé avec Denis Pingaud, un professionnel de l'audiovisuel payé comme conseiller externe par l'INA.
Rémunéré 5000 euros par mois, il a perçu 130.000 euros hors taxes, facturés par une société qu'il dirigeait.
Ce montant total aurait dû forcer l'établissement à mettre l'offre en concurrence, pour respecter la réglementation des marchés publics.
Pour Mme Cladière, Mathieu Gallet s'est payé un «coach personnel» pour conquérir le poste de patron de Radio France.
Une attaque que Mathieu Gallet juge «au minimum insultante, au pire diffamatoire».
L'autre contrat litigieux a été passé en 2013 entre la société de conseil Roland Berger Strategy et l'INA pour un total de 289.000 euros hors taxes.