
— par Francesca de Villasmundo — 27 mai 2024
Le massacre et la destruction de Gaza continue de plus belle : avec quelques 40000 morts en seulement 8 mois et plus de 70% des infrastructures détruites.
Le Jerusalem Post a publié un article sur le plan du Premier ministre israélien pour la reconstruction à partir de rien de Gaza, Gaza 2035 : entre futurisme et exclusion de tout Etat palestinien.
De la crise à la prospérité : la vision de Netanyahu pour Gaza 2035 révélée en ligne, tel est le titre d’un récent article du Jerusalem Post détaillant le plan présenté par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour la reconstruction future de Gaza. « Un programme en trois étapes visant à ramener Gaza à l’autonomie et, à terme, à réintégrer Gaza dans l’économie régionale ». Ce que ne dit pas le sous-titre : ce plan d’envergure exclue également tout idée d’un Etat Palestinien dans la région. Et s’inscrit en droite ligne et dans la vision messianique d’un Grand Israël, et dans l’accaparement des importants champs gaziers au large de Gaza.
Gaza 2035 et la « zone de libre-échange Gaza-Arish-Sderot »
The Architect Newspaper a étudié ce programme futuriste et en a publié une analyse approfondie dont MPI vous propose la traduction :
« Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a récemment publié un PowerPoint qui donne un aperçu de ce que le Likoud a en tête pour l’avenir de Gaza et de la région du Levant dans son ensemble. Le 3 mai, Netanyahu a dévoilé Gaza 2035 : un plan directeur en trois étapes pour construire ce qu’il appelle la « zone de libre-échange Gaza-Arish-Sderot ». Le projet a été rapporté pour la première fois par le Jerusalem Post, puis par Al Jazeera.
« La zone de libre-échange Gaza-Arish-Sderot engloberait les 141 miles carrés qui composent la bande de Gaza, où plus de 34 500 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes au cours des derniers mois et où les experts affirment que la famine est en cours. La zone comprendrait également le port d’El-Arish au sud de Gaza, dans la péninsule égyptienne du Sinaï, ainsi que Sderot, une ville israélienne au nord de Gaza.
«Les responsables de l’ONU ont publié un rapport le 2 mai indiquant que plus de 70 pour cent du parc immobilier de Gaza a été détruit et que sa reconstruction coûterait entre 40 et 50 milliards de dollars. Cela a incité un responsable de l’ONU, Abdallah al-Dardari, à déclarer : « Nous n’avons rien vu de pareil depuis 1945. »
Sous les auspices de Gaza 2035, la nouvelle zone de libre-échange serait administrée par Israël, l’Égypte et ce que le Premier ministre israélien appelle l’Autorité de réhabilitation de Gaza (GRA) – une agence dirigée par les Palestiniens qui superviserait la reconstruction à Gaza et « les finances de la bande de Gaza ».
Gaza-Arish-Sderot 2035- Free Trade Zone
Un avenir dystopique pour les Palestiniens
« Le PowerPoint affirme que la GRA ne garantirait pas un État palestinien et ne fait aucune référence à un système à deux États. Au lieu de cela, d’ici 2035, Gaza et la Cisjordanie seraient placées sous « l’administration nominale » de l’Autorité palestinienne (AP) et Israël serait responsable de la sécurité de la zone de libre-échange. Le correspondant d’yNet, Ron Ben Yishai, a qualifié Gaza 2035 de Benjamin Netanyahu de « Vision de Singapour ».
« Gaza 2035 est officiellement intitulé Plan pour la transformation de la bande de Gaza et il promet de faire passer Gaza « de la crise à la prospérité ». L’idée de Netanyahu implique de « reconstruire à partir de rien », a-t-il déclaré.
Le plan régional a rencontré une opposition. Le 16 mai, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyan, a condamné ce projet dans une déclaration publique. Lara Elborno, une avocate palestino-américaine spécialisée dans les droits de l’homme, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Il faut s’opposer sans équivoque et de toute urgence au projet d’Israël visant à voler notre gaz et à nous soumettre à cet avenir dystopique. Gaza n’est pas « rien ».
Gaza-Arish-Sderot 2035- Free Trade Zone