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samedi 31 janvier 2015

Alain Juppé… Si sa maman l’entendait !


 
 
 Le 31/01/2015
 
Ce que Juppé ne veut pas voir, c’est que la présence affirmée de l’islam dans l’espace public ne relève pas de la liberté de croyance – reconnue à chacun - mais d’une question identitaire.
 
Jacques Chirac, qui s’y connaissait en hommes, avait qualifié son Premier ministre Alain Juppé de « meilleur d’entre nous ».
Il faut avouer que l’élève dépasse le maître.
 Juppé, qui rêve de 2017, drague méchamment les musulmans.
Le maire de Bordeaux met à leur disposition un terrain qui permettra l’édification d’une grande mosquée avec minaret, dôme oriental et colonnade.
En même temps, il se signale par sa bienveillance envers les coteries homosexualistes.
Mais il n’en est pas à une contradiction près.
Le 29 janvier, interrogé par Libération sur l’autorisation donnée aux parents voilés d’accompagner les sorties scolaires, le meilleur d’entre eux a eu cette réponse stupéfiante :
Quand ma maman allait à la messe, elle portait un foulard.
On savait Juppé peu porté sur la question religieuse, depuis qu’il a traité Benoît XVI d’autiste. Rappelons alors que le port d’un foulard par les femmes allant à la messe est une tradition tombée en désuétude – sauf chez les traditionalistes – qui n’a rien de religieux !
Il s’agissait d’une convenance sociale, selon laquelle une femme ne sortait pas « en cheveux », et veillait à se couvrir la tête lorsqu’elle se rendait dans une église.
Mais on cherchera vainement une telle prescription dans l’Évangile, dans le catéchisme de l’Église catholique, ou dans n’importe quel texte dogmatique…

En revanche, un homme au crâne aussi brillant que monsieur Juppé ne peut pas ignorer que le port du foulard par une femme musulmane relève d’une affirmation purement religieuse, et d’une volonté expresse de revendiquer son appartenance à l’Oumma.
Ce n’est ni une convenance sociale, ni un luxe vestimentaire.
La comparaison est donc stupide.
Ce que Juppé ne veut pas voir, c’est que la présence affirmée de l’islam dans l’espace public ne relève pas de la liberté de croyance – reconnue à chacun – mais d’une question identitaire.

 Depuis des années circule sur Internet une vidéo de Nasser qui, évoquant un entretien avec les Frères musulmans, faisait éclater de rire son auditoire en évoquant la question du voile obligatoire pour les femmes.
 Le voile islamique ne relève pas de la foi mais d’une certaine culture (et encore !) pas généralisée.

Là où Juppé se plante complètement, c’est en refusant de comprendre que la liberté donnée à l’islam d’imposer ses règles, au nom de la liberté, entraînera nécessairement la perte de cette liberté, que l’islam refuse en application du Coran.
Là ou Juppé délire, c’est quand il prétend imposer à l’islam une notion chrétienne qui, pour les musulmans, ne signifie rien.
Et encore, s’il s’agissait de la notion chrétienne de distinction entre les domaines spirituel et temporel…

Mais il s’agit de la notion républicaine d’athéisme de l’État.

C’est, une fois encore, le problème de cette sacro-sainte laïcité qui se pose en arrière-plan de la réponse de Juppé.

Comme il n’est pas question de procéder à la moindre analyse critique de l’islam – l’État se veut athée -, le seul moyen de s’opposer à une telle revendication consiste à se retrancher derrière l’argument laïciste ; il implique logiquement que toutes les religions soient traitées sur un pied d’égalité.

Décidément, notre pays a un sérieux problème avec ce dogme laïciste.

Qu’il faudrait repenser à frais nouveaux avant que ses contradictions nous éclatent à la figure.

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