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dimanche 23 avril 2023

[Point de vue] Macron suscite de l’« hostilité », selon Elabe : ça alors !

 

 

Arnaud Florac 22 avril 2023

Les sondeurs sont peut-être à la ramasse pour les prédictions - c'est un lieu commun du loto électoral - mais on ne peut pas leur enlever une chose : pour l'analyse, ils sont quand même forts. 

Patrick Buisson a travaillé dans les sondages, par exemple. Voyez ses livres, si percutants, si bien vus, et comparez-les à son avis sur ce qu'il y aurait à faire pour gagner : carton plein d'un côté, voie sans issue de l'autre.

Du côté de l'analyse, Elabe et BVA sont impitoyables. Selon un sondage BVA pour Le Figaro, la cote de popularité du président de la République atteint un plancher inquiétant, avec 26 % d'opinions favorables. Quant au directeur d'Elabe, Bernard Sananès, invité de BFM TV le 20 avril, il compare la situation de Macron à celle d'autres Présidents qui, tous, se sont confrontés à l'opposition d'une partie de la population. Il conclut qu'Emmanuel Macron, à la différence de ses prédécesseurs, est, lui, confronté à de l'hostilité.

On serait presque surpris de leur surprise. Évidemment que la maltraitance, physique et morale, que subit le peuple français depuis 2017 ne peut pas avoir de conséquences positives.

Évidemment que les humiliations publiques, les confinements stupides, les discours pour idiots, les coups de com' misérables, l'amitié avec une caste déconnectée du réel, la méconnaissance totale de la France « des territoires », la fascination pour les banlieues criminelles, évidemment que tout cela laisse des traces. Et on est donc, sans grande surprise, davantage dans l'hostilité que dans une opposition ou même une lassitude somme toute assez classiques. Les castors qui ont voté pour lui, par psittacisme, par soumission docile ou par crainte du nazisme (après tout, il doit bien y en avoir), se rendent compte que, pour la millième fois, on les a pris pour des imbéciles. Quelle surprise, là aussi.

On ne sait pas (et les sondeurs non plus) ce que donnera cet accablant constat : un Président détesté, élu par défaut, un peuple en colère et en voie de disparition. Il est minuit moins dix avant la chute de Rome, à ce qu'on dirait, sauf que notre empereur romain au rabais fait des selfies et chante des chants pyrénéens au lieu de jouer de la lyre.

Les enfants finissent par ressembler à ce qu'on pense d'eux. Les Français aussi, apparemment. Macron aurait peut-être dû avoir des enfants, à défaut d'avoir du respect pour ce peuple, jadis si grand, aujourd'hui brimé et pauvre, à la merci d'une étincelle de colère.

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