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samedi 28 mai 2022

La bienpensance préoccupée de sauver la planète refuse de voir une catastrophe écologique en Europe


Albert Coroz: Un désastre écologique en Slovaquie et en Hongrie dure depuis trois mois, mais personne n'en a entendu parler! 

Une demi-tonne d’arsenic s'est déversée dans une rivière, y tuant toute vie, causant une pollution des eaux, du vivant et des sols, et c'est un non-événement, alors qu'il n'y a pas de journal subventionné en Suisse, pas d'émission RTS, qui n'ait la bouche en cœur pour parler d'écologie.

Où sont donc passés Green Peace, Lisa Mazzone et ses semblables, Julia Steinberger, professeure en écologie et collaboratrice du GIEC, Extinction Rebellion et ses équipes d'agités du bocal, Dubochet et les Grands-parents pour le climat, où est tout le lobby de l'hystérie climatique? 

Il faut noter aussi que la Slovaquie est anti-russe, pro-UE à fond, condescendante envers les minorités hongroises qui parlent encore le slovaque avec un accent (cent deux ans après Trianon), et qui, pire du pire, préfèrent les médias hongrois aux médias du pays.

Ce qui arrive là est également une leçon sur les méfaits de la centralisation du pouvoir, et son corollaire, la dilution des responsabilités portées par des fonctionnaires progressistes, plus soucieux de plaire à Bruxelles, de satisfaire à ses "normes de durabilité" ou de se montrer solidaires avec la politique de Zelensky, que de combattre les véritables problèmes.

 

Le foyer de la pollution se situe quelques kilomètres en amont de Rožňava, au nord de la carte.

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Après la parution de l’article ci-dessous dans le journal hongrois Magyar Memzet hier matin, alertant sur la pollution, subitement Euronews en parle également quelques heures plus tard

La source du problème, c'est une ancienne mine de fer située en Slovaquie qui a été fermée en 2008. Les puits sont désormais remplis d'eau et, depuis février, de l'eau contaminée par des métaux lourds s'écoule dans la rivière.
 

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Magyar Nemzet 26.05.2022:

Non seulement l'eau du Sajó pue, mais il n'y a en Slovaquie aucune volonté d'y remédier

Attila Borsodi - Depuis plus de 90 jours, les eaux usées de la mine de fer désaffectée Gabriella dans le Felvidék (Carpates du Nord, en Slovaquie) se déversent sans entrave dans le Sajó. Chiffre éloquent: pour ne parler que de l'arsenic, il s’en est déjà déversé une demi-tonne dans la rivière pendant tout ce temps.

Pour l'instant, il n'y a aucune chance de résoudre le problème, car le règlement de l'affaire est entravé par des conflits de coalition et des problèmes systémiques. Et le fait que la vallée du Sajó soit éloignée de la capitale Pozsony (ndt: rebaptisée "Bratislava" depuis Trianon) n'aide pas à résoudre les problèmes.

Et il suffirait d'installer une station d'épuration

[...] Bien sûr, il est également vrai que le magnifique environnement naturel s'accompagne de la vue déprimante d'une usine délabrée et d'une maison abandonnée, ce qui détruit considérablement l'image du paysage sauvage.

Il est clair que la région est éloignée de Bratislava, et il n'est pas accordé beaucoup d'attention à la partie sud et sud-est du Felvidék. C'est peut-être pour cela qu'en plus du retard économique, la catastrophe écologique qui sévit à Sajó ces derniers mois risque d'assombrir le quotidien des habitants de la région.

Aucune solution n'a été trouvée pour dépolluer la rivière après plus de 90 jours.

La pollution industrielle près du village d'Alsósajó a été découverte le 24 février, le jour même où la guerre russo-ukrainienne a éclaté. C'est sans doute ce qui a fait qu'au début, non seulement l'attention du public national n'a pas pu être attirée sur le problème, mais les habitants eux-mêmes étaient préoccupés par autre chose - avance Örs Orosz, député du canton de Nyitra, pendant que nous partons de Gombaszög pour suivre la vallée du Sajó jusqu’à la mine de fer Gabriella, rebaptisée comme tout en slovaque "Siderit". C'était autrefois la deuxième plus grande mine de minerai de fer de Slovaquie, approvisionnant les forges de Košice.

Ce n'est pas la première fois

Il est caractéristique que même ici, au camp accueillant le festival connu dans tout le bassin des Carpates, l'eau du Sajó est d’une intense couleur rouge rouille, et qu'on n'y trouve aucune trace de faune, alors que la source de la pollution se situe vingt à vingt-cinq kilomètres plus au nord.

Le politicien hongrois du Felvidék dit qu'il a été confronté pour la première fois au problème début mars à Gombaszög, et que, comme les habitants, il était sûr qu'une sorte de mine ou de bassin de résidus pourrait être à l'origine du problème.

Ils en étaient d'autant plus sûrs que ce n'était pas la première fois que le Sajó était affecté par des problèmes de ce genre.

Örs Orosz mentionne à titre d'exemple la mine Maria, à l’intérieur de la Colline du Calvaire, qui a été détruite il y a près de trente ans en 1993 et ​​a provoqué une catastrophe similaire à la présente il y a plus de dix ans. À l'époque, cependant, la mine appartenait à un Canadien, qui a été menacé de sanctions par l'État à tel point que l'investisseur a mis en service une usine de filtration d'eau en neuf jours.

La situation est différente avec la mine Gabriella à Alsósajó, désormais sous contrôle étatique, qui a fait faillite en 2008 en raison d'une hausse importante des prix du gaz à l'époque.

Ils étaient assis sur une bombe à retardement

Le problème est de toute façon connu, car l'eau de surface pénètre dans toutes les mines, un phénomène naturel contre lequel ils se sont toujours battus. Ils l'ont fait tant que la mine était en service, mais quand tout a été fermé, l'énorme cavité a commencé à se remplir d'eau. Donc, bien sûr, ils savaient dès le premier instant que les eaux polluées déborderaient un jour.

C'est d'ailleurs pour cela qu'en 2017, l'Inspection nationale des mines a ordonné la construction d'un sous-bassin de drainage, qui a été achevé, et le canal a été relié au premier niveau négatif. Il était donc clair qu'une fois l'eau arrivée à ce point, elle se déverserait dans le Sajó. Cependant, l'équipement de filtrage nécessaire n'a pas été construit - se souvient le député. Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'entrepreneur privé ici qui pourrait faire pression en ce moment, comme le note Örs Orosz:

La situation actuelle est que l'État slovaque devrait se donner une grande gifle sur la joue gauche avec la main droite.

- Dans le cas de la catastrophe écologique actuelle, ajoute-t-il, il est particulièrement grave qu'il y ait une crise de coalition prolongée en Slovaquie. Le problème est que le ministère de l'Environnement est aux mains du Parti des Gens Ordinaires et des Personnalités Indépendantes, tandis que le ministère de l'Économie est dirigé par un homme politique du parti gauchiste Liberté et Solidarité. Pour la catastrophe du Sajó, les deux ministères se refilent la patate chaude, tout le monde se pointe du doigt, cherche le responsable. Örs Orosz qualifie la situation de scandaleuse, car on n'a pas informé la population de la catastrophe et de ses conséquences.

Au foyer de la pollution, l'odeur est épouvantable

Malgré la situation manifestement grave dans la région, la solution se fait attendre depuis longtemps, et comme rien ne venait, une lettre a été écrite aux autorités pour qu'elles résolvent le problème. Puis, début mai, des habitants se sont rassemblés sur le site, ont pompé mille litres d'eau polluée du Sajó et l'ont déversée sur le trottoir devant le ministère de l'Environnement à Bratislava.

Trois semaines se sont écoulées depuis, mais il ne s'est pas passé grand-chose, les eaux polluées s'écoulent toujours dans le Sajó, bien qu'une pétition en ligne ait été lancée.

Nous voici arrivés au réservoir, que nous trouvons dans une zone scellée avec du ruban adhésif. Au fur et à mesure que nous approchons de la galerie d'écoulement, la puanteur devient de plus en plus insupportable. Pas étonnant, car 17 litres d'eau polluée par seconde, 1500 mètres cubes par jour, se déversent dans le Sajó. La composition de ce liquide n'a été connue des personnes concernées qu'après une longue période, car les résultats des mesures ont été dissimulés pendant longtemps, ils n'ont pas été communiqués à la presse, ils n'ont finalement été connus que parce que quelqu’un les a divulgués sans autorisation.

Selon ces résultats, ce sont chaque jour 4,2 tonnes de fer, 38 tonnes de sulfate, 1,7 tonne de zinc, une demi-tonne de manganèse et cinq kilogrammes d'arsenic qui se déversent dans le Sajó.
Cela signifie en particulier que la teneur en arsenic dans l'eau est deux cents fois supérieure à la limite slovaque et quatre cents fois la limite de l'UE.

Ce qui est particulier, c'est les eaux d'écoulement sont translucides et que leur pH est acide. Mais lorsque le Sajó pollué rencontre les eaux karstiques alcalines à la hauteur de Rožňava, les métaux précipitent sous forme d'oxydes, ce qui colore l'eau en rouge rouille.

- Pour le moment, la pollution affecte le cours supérieur du Sajó, car les métaux y précipitent déjà et l'eau se dilue. Cependant, on peut s'attendre à ce qu'en cas de crues majeures, la pollution s'étende plus loin en aval, même jusque dans la Tisza, ce qui a été retardé pour l'instant car l'hiver a été très sec, souligne Örs Orosz.

Les régions périphériques sont laissées à elles-mêmes

Pendant ce temps, les eaux usées coulent constamment dans le Sajó. Il est déprimant de penser que rien que depuis que nous sommes arrivés sur place, environ vingt à trente mètres cubes d’eaux souillées ont pénétré dans la rivière. Il n'est pas étonnant que la faune du Sajó soit éteinte sur des dizaines de kilomètres. Aujourd'hui on peut encore voir des écrevisses vivantes dans des endroits isolés où la rivière a été épargnée, mais ailleurs il n'y a plus de trace de vivant. Et pour l'instant, personne ne sait quand la vie reviendra dans ce cours d'eau. Pour cela, il faudrait d'abord éliminer le problème à la base, ce qui serait simple car il suffirait d'installer une station d'épuration dans la section précédant le Sajó.

- Il n'y a aucune trace jusqu'à présent des mesures qui devraient être prises. Tout ce qui s'est passé, c'est que des plongeurs du service de sauvetage minier ont inspecté la mine de l'intérieur, mais ils n'ont rien trouvé de significatif. Ils ont essayé de détourner les eaux menant au dépôt, mais sans succès.

En principe, il y a un budget de deux cent mille euros pour résoudre le problème, mais les choses en sont restées là.

Ils se lancent des reproches, tout le monde se montre du doigt, et pour l'instant ils sont rentrés chez eux au lieu de chercher la solution.

Les gens ici ont le sentiment la politique centrale ne s’intéresse pas à eux, parce qu'il s'agit du sud de la Slovaquie, et peut-être même pas parce que la région est en partie habitée par des Hongrois. Car non seulement les Hongrois mais aussi les Slovaques souffrent du désastre écologie du Sajó.

Il en va du Sajó comme du château de Krasnahorka, qu'ils n'ont pas été capables de rénover depuis une décennie, même si nous avons essayé d'attirer l'attention sur le problème de toutes les manières possibles, remarque Örs Orosz.

Le député indique également que le Sajó pollué traverse des zones protégées du réseau Natura 2000. (Ndt: protégées selon les normes de l'UE, bien entendu.)

- En même temps, le 20 mai, jour anniversaire de Natura 2000, le ministre de l'Environnement a mis en ligne sur sa page de réseau social des photos d'enfants dessinant des papillons. Il fait cela pendant qu'une catastrophe écologique de cette ampleur frappe la vallée du Sajó. Comme s'ils vivaient sur une autre planète, ajoute Örs Orosz.

Le dysfonctionnement a été pérennisé

Pendant que nous décortiquons le contexte de l'incroyable taux de destruction à l'afflux des eaux usées, Michal Kravčík, un écologiste slovaque de renom qui se bat pour la protection de la nature depuis le changement de régime, arrive également à la source de la pollution. L'homme regarde avec incompréhension le point où les eaux usées se déversent dans le Sajó et secoue la tête. "Je suis l'affaire depuis que j'en ai eu connaissance, mais je viens ici pour la première fois."

Malheureusement, il y a un problème de gouvernance derrière tout cela. La gestion de l'eau est effectuée par une entreprise publique selon un modèle communiste remontant aux années 1950, dont les acteurs locaux et régionaux sont tenus complètement à l'écart.

Si les compétences étaient locales, le problème aurait été résolu depuis longtemps, en à peine deux semaines. La première grosse erreur a été commise par le bureau des mines en 2017, quand il a approuvé la galerie d'écoulement qui débouchait dans le Sajó sans filtrage - souligne Michal Kravčík.

L'expert note avec tristesse que s'il existe un désir général en Slovaquie pour que les eaux soient propres, le gouvernement vient d'approuver un plan de gestion de l'eau jusqu'en 2030 qui maintiendra les conditions dysfonctionnelles actuelles, lesquelles reposant sur des bases datant de l'époque communiste.

Selon ses mots, cette catastrophe actuelle est la preuve tangible que le système est inefficace. C'est aussi pour cela que rien qu'en 2019, en Slovaquie, les eaux ont été affectées par 97 pollutions majeures, dont la plupart ont été causés par l'industrie. Et puisque le système obsolète de gestion de l'eau vient d'être confirmé, il y a peu de chances qu'un changement positif se produise.

Image mise en avant : Les eaux usées de la mine de fer se déversent dans la rivière, et les ministères de Bratislava se renvoient la balle. (Photo: Máté Bach)

Source: https://magyarnemzet.hu/belfold/2022/05/nem-csak-a-sajo-vize-buzlik-akarat-sincs-szlovakiaban-a-karelharitasra

Traduction et présentation: Albert Coroz

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