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lundi 31 janvier 2022

Nouveau sondage inquiétant pour Emmanuel Macron ; à droite, tout est possible


 

Frédéric Sirgant 30 janvier 2022

Alors que le week-end politique est marqué par la primaire de la gauche et les éventuels ralliements futurs de cadres RN à Éric Zemmour, un nouveau sondage vient confirmer le « trou d'air » d'Emmanuel Macron en janvier. 

Il s'agit de l'enquête Rolling IFOP-Fiducial pour Paris Match, LCI et Sud Radio, publiée vendredi.

Pour le directeur général de l'IFOP Frédéric Dabi et le politologue Jean-Philippe Dubrulle, qui commentent les résultats, « Emmanuel Macron atteint son score plancher […] avec 24 % des intentions de vote au premier tour, le Président sortant enregistre un reflux de deux points depuis le 10 janvier (26 % à ce moment-là), après un tassement marqué à 24,5 % durant tout le reste de la semaine. » Les deux analystes mettent en rapport cette baisse avec « plusieurs signaux inquiétants » : « la poursuite de la mobilisation des enseignants, le recul de la confiance des Français dans la gestion de la crise sanitaire et surtout l’incursion de la thématique du pouvoir d’achat dans le débat politique depuis les hausses annoncées du coût de l’énergie ». Ce qu'un autre politologue voyait comme ses grands atouts et dont nous soulignions, la semaine dernière, la caractère réversible et potentiellement dévastateur pour lui.

De plus, comme le remarquait aussi Marc Baudriller, le président de la République sortant voit son socle s'éroder : « Comparé au 10 janvier, Emmanuel Macron recule sensiblement dans ses segments force : -8 points chez les 65 ans et plus, -9 chez les cadres et professions intellectuelles supérieures, -7 chez les plus diplômés et -6 chez les catégories aisées. »

Enfin, un nouvel indice vient confirmer les doutes de l'opinion sur Emmanuel Macron : « Plus alarmant encore, le “pronostic de victoire” du Président sortant a chuté : donné gagnant par 35 % des électeurs il y a deux semaines, ils ne sont plus que 27 % à parier sur son sacre le 24 avril prochain. » Cette spirale descendante va certainement contraindre le maître des horloges à bousculer son calendrier et à avancer son kairos de candidature, avec tous les risques que cela comportera pour lui, désormais plus facilement ciblé par ses adversaires et soumis à la reddition de comptes.

L'affaissement du Président sortant avant même sa déclaration de candidature (« un sombre présage » pour les commentateurs) rend la campagne et l'élection plus ouvertes. D'autant plus ouvertes qu'à droite, entre les trois candidats, les jeux sont loin d'être faits car « l’incertitude plane encore sur le second tour quand Zemmour reprend des couleurs ». Si les dernières semaines étaient dominées par le duel Pécresse-Le Pen, ce sondage enregistre un retour d'Éric Zemmour dans le jeu : « S’il fallait désigner un grand bénéficiaire de cette semaine de Rolling, ce serait incontestablement le leader de Reconquête : +1,5 point en sept jours, soit une compensation presque totale de la chute enregistrée après ses propos sur la place des enfants handicapés à l’école. Ainsi, la “primaire sauvage” de la droite n’est toujours pas résolue : avec Éric Zemmour à même distance de Valérie Pécresse que celle-ci de Marine Le Pen, l’incertitude reste le maître mot de l’affiche du second tour. » Pour Valérie Pécresse, c'est la stagnation, avec une « campagne encalminée, sans dynamique ».

À gauche, peu d'évolution, morne plaine : Mélenchon à 9,5 %, Jadot à 5,5 %, Hidalgo et Taubira à 3-4 % et Roussel à 3 %.

Cette nouvelle enquête montre que, contrairement à ce qui nous était assené depuis des mois, rien n'est joué. Déjà, l'irruption d'Éric Zemmour dans la campagne a contraint Marine Le Pen à une campagne de premier tour, ce que personne ne prédisait. Mais, en introduisant une forte incertitude sur l'affiche du second tour, il a aussi perturbé les plans des autres acteurs, dont Emmanuel Macron lui-même. Son décrochage, avant même qu'il ne soit officiellement candidat, en dit long sur l'état d'esprit des Français et contredit le scénario d'un Emmanuel Macron incontournable. Une élection est une affaire de chiffres, mais aussi de psychologie et de dynamique : pour Emmanuel Macron, janvier s'achève aussi mal qu'il a commencé.

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