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lundi 25 mai 2020

Camélia Jordana






Je ne vous connaissais pas. 

J’avais entendu votre nom, une ou deux fois au détour d’une conversation où il était question de « people » quelque peu oubliés ou en recherche d’une notoriété bien éphémère.

Votre prénom évoque vaguement dans mon esprit une lady de la cour royale britannique et votre nom un pays du Moyen-Orient.
L’association des deux aurait pu vous conférer l’élégance et l’intelligence de l’une et la modernité et la bienveillance de l’autre.
Ce n’est manifestement pas le cas !
L’espèce de diarrhée verbale que vous avez expulsée dans une émission dont le déclin est annoncé, a profondément indigné la communauté des membres de la sécurité intérieure, à juste titre.
A travers cet amalgame honteux, vous avez jeté l’opprobre sur des gens dont le travail est de protéger les autres, bien souvent au péril de leur vie.

« Vous ne vous sentez pas en sécurité face à un flic parce que des milliers de gens qui vont travailler se font massacrer par les policiers dans les banlieues ».

Je vais vous raconter une histoire.
Elle n’est pas sortie de mon imaginaire, ni d’une rumeur.
Je l’ai vécue tout simplement.

Dans le Var, en 2012, deux gendarmes, deux flics comme vous les qualifieriez, deux femmes dont l’une était mère de deux petites filles ont répondu à un appel au secours de personnes victimes de vol parce que c’était leur métier, naturellement.
Elles ont payé de leur vie le serment qu’elles avaient fait de défendre et de protéger leurs concitoyens.
Le couple qu’elles avaient face à elles n’a pas eu une once de pitié à leur égard.
Elles ont eu très peur, assurément, mais elles n’ont pas reculé.
Elles en sont mortes, massacrées par deux raclures que vous auriez très certainement pardonnées.

C’est en pensant à elles et à tous ces policiers et gendarmes blessés ou tués en service que vous avez exprimé votre haine d’une profession ?
Ou est-ce plus prosaïquement pour vous faire de la publicité à bon marché ?
Dans les deux cas, votre attitude est déconcertante d’ignominie.

En faisant une généralité sur la violence des forces de l’ordre, vous avez stigmatisé publiquement toute une profession.
D’autant que beaucoup s’étonnent qu’une actrice-chanteuse-agnostique issue d’une famille aisée se soit installée en banlieue où elle se ferait, comme des milliers de français, massacrer en raison de sa couleur de peau.
Ceci est pitoyable.
Vous vous servez d’une émission télévisée pour énoncer des faits sans apporter la moindre preuve et vous faites une généralité d’un cliché éculé.
Pourrait-on imaginer dire que tous les jeunes des quartiers sont des racailles parce que l’un d’eux a percuté délibérément un policier ou qu’il a caillassé une ambulance des pompiers ?
A moins que ce comportement « chahuteur » ne soit que la conséquence de la peur de ces dizaines de jeunes de se retrouver face à une patrouille de deux policiers ou deux gendarmes.
Et vous trouverez, j’en suis sûr, des excuses à tous ces sauvageons qui tabassent des flics, parce qu’ils ont peur de se faire massacrer tous les matins en allant travailler… (sic)

La démesure de vos accusations est à l’image de ce qu’on a produit de plus pervers pour exister.
Ce qui est grave dans cette affaire, ce sont les conséquences que cela aura sur le quotidien des forces de l’ordre dans les banlieues où le moindre contrôle se transformera en bagarres rangées.

Pourvu que vous n’ayez jamais besoin de faire appel à la police ou à la gendarmerie si vous étiez victime d’un méfait.
Vous auriez certainement trop peur d’être secourue par un flic !

CNE (H) Jean-François CHARRAT

(Photos Twitter : À gauche le capitaine (H) Jean-François CHARRAT, ancien commandant de la COB de Pierrefeu-Collobrières (83), à droite Camélia JORDANA, chanteuse et actrice)

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