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lundi 30 mars 2020

Lacombe, Yazdanpanah, ces médecins du service public qui cachetonnent dans le privé







 

Saviez-vous que tant de médecins du service public hospitalier faisaient des ménages, c'est-à-dire cachetonnaient pour des sommes parfois très élevées, dans des laboratoires privés ?

 

La crise du coronavirus est l'occasion de montrer comment des conflits d'intérêt peuvent compliquer la donne et interférer avec les informations de santé publique.
Nous livrons aujourd'hui des informations sourcées sur les sommes que Karine Lacombe et Yazdan Yazdanpanah , très exposés sur la question du coronavirus, ont perçues depuis 2012 de la part des laboratoires privés ont ils assurent aujourd'hui la discrète promotion.





Les médecins du service public sont-ils tous aussi désintéressés qu’ils ne le disent ?
Karine Lacombe, professeure à l’hôpital Saint-Antoine, est désormais très connue pour avoir donné à la télévision, à une heure de grande écoute, des leçons d’éthique à Didier Raoult, le défenseur de la chloroquine.
Yazdan Yazdanpanah est chef de service à l’hôpital Bichat.
Nous avons repris ici les sommes qu’ils ont déclarées avoir perçues de la part de laboratoires privées ces dernières années.
Et elles permettent de donner une première réponse à cette question.

Ces médecins du service public qui cachetonnent dans les laboratoires privés
 Ceux qui n’ont pas suivi l’excellente enquête menée au mois de janvier par la presse quotidienne régionale (et mystérieusement passée sous silence par la presse nationale) pourront se rattraper en consultant le très instructif site Eurosfordocs.
 Ils y trouveront des relevés non exhaustifs mais détaillés des sommes perçues par les médecins français de la part des laboratoires pharmaceutiques.
Précisons que cette pratique est tout à fait légale et que ce site ne révèle donc aucun délit.
La mise en place de ce site permet juste d’apporter un peu de transparence à un phénomène jusqu’ici totalement caché au public.
Il permet de mesurer qu’un grand nombre de médecins hospitaliers qui adorent pleurnicher sur les prétendus manques de moyens dans les hôpitaux publics apprécient aussi les bienfaits de collaboration avec le secteur privé.
On retrouvera sur cette page les montants attribués aux praticiens par chaque laboratoire depuis 2012.

Le cas de Karine Lacombe




Pr Karine Lacombe : "Il n'y a pas de problèmes d'accès aux masques ...

 Le tableau publié ci-dessus récapitule les sommes que Karine Lacombe a perçues de la part de laboratoires sur la période allant de 2014 à 2019.
 Karine Lacombe est depuis devenue une intervenante régulière des plateaux de télévision.
Aucune des chaînes qui la programme ne prend évidemment le soin de vérifier qui, durant ces cinq années, lui a apporté les plus de 150.000 $ qu’elle a perçus.
Il se trouve qu’un tiers de ces sommes lui a été apporté par deux laboratoires qui développent des produits concurrents de la chloroquine : AbbVie (anciennement Abbott) et Gilead, que nous citons par ailleurs comme un acteur puissant de la recherche américaine.
Autrement dit, les essais cliniques Discovery, lancés au niveau européen, sont menés en France par un homme qui a reçu des sommes d’argent de la part des laboratoires dont les médicaments sont testés. 
Cette collusion n’implique pas que Karine Lacombe soit aux ordres des laboratoires américains.
En revanche, elle peut constituer un biais sur lequel il ne serait pas inutile que les chaînes de télévision interrogent l’intéressée lorsqu’elle s’exprime sur les traitements adaptés au coronavirus.

Le cas de Yazdan Yazdanpanah


 Yazdan Yazdanpanah : "Dans 99% des cas, le virus Zika n'est pas grave"

 Nous traitons en détail la situation du coordonnateur des essais cliniques français sur le coronavirus par ailleurs, en reprenant les chiffres précis des sommes qu’il a perçues de la part des laboratoires dont il a la charge d’évaluer les médicaments.
Dans les faits, les laboratoires américains AbbVie et Gilead se sont montrés généreux avec lui.
Autrement dit, les essais cliniques Discovery, lancés au niveau européen, sont menés en France par un homme qui a reçu des sommes d’argent de la part des laboratoires dont les médicaments sont testés.
Il ne s’agit pas ici d’en déduire une inférence simple selon laquelle Yazdanpanah aurait vendu son âme pour quelques milliers de dollars.
Redisons-le, ces pratiques qui consistent à financer personnellement des praticiens hospitaliers ne sont ni illégales ni la preuve d’une corruption.
En revanche, on peut s’interroger sur le biais que ces liens financiers entre les laboratoires dont Yazdanpanah encadre les tests et le responsable des tests introduit.
Cette question paraît relever du bon sens.

Et les protagonistes de cette affaire auraient intérêt à y répondre de façon transparente pour dégager les résultats des tests de tout soupçon moral. 

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