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mardi 25 juin 2019

Pourquoi la France doit défendre ses îles Éparses qu’Emmanuel Macron voudrait brader à vil prix

 

 

Île Europa
 
Connaissez-vous les îles Éparses ?

Sans doute pas ou seulement par ouï-dire et sans aucun espoir de vous y rendre un jour.

Composées des îles Europa, Bassas da India et Juan de Nova d’une part, situées dans le canal du Mozambique, et les îles Glorieuses et Tromelin d’autre part, situées respectivement au nord et à l’est de Madagascar, elles constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
Ces îles inhabitées, exclusivement occupées par des fonctionnaires français (gendarmes, ingénieurs, personnels techniques), appartiennent à la France qui y exerce sa pleine souveraineté depuis 1897, bien qu’elle en découvrît certaines dès le XVIIIe siècle.
Au moment de l’indépendance de Madagascar, en 1960, la France décida de conserver ces îles dans son giron, tant pour des motifs économiques (à elles seules, elles forment 640.400 km2 de zone économique exclusive [ZEE]) que géostratégiques, leur position sur une importante route maritime permettant de relier l’Asie et le Moyen-Orient à l’Europe et l’Amérique, lui offrant, qui plus est, une façade maritime non négligeable.
Vierges de toute pollution méga-touristique et industrielle, elles sont considérées comme une des plus importantes réserves naturelles au monde, compte tenu d’une faune (notamment aviaire) extrêmement diversifiée et d’une flore luxuriante (mangrove).
Parsemées de stations météorologiques, elles sont idéalement placées pour étudier les cyclones tropicaux qui tourmentent régulièrement le sud-ouest de l’océan Indien.
Mais leur convoitise par les Comores, l’île Maurice et Madagascar qui, chacune, en revendiquent l’appartenance au prix d’infinies arguties historiques, juridiques, géostratégiques, n’en finit pas d’être excitée par la présence supposée d’importants gisements de pétrole (estimés à plus de dix années de consommation française, selon Wikipédia).
Pourtant, en dépit des incommensurables richesses de ces joyaux du bout du monde, le président de la République s’est récemment engagé, devant Andry Rajoelina, le chef de l’État malgache, à les lui « restituer », lors même que, du propre aveu du ministre des Affaires étrangères malgache, « Madagascar, aujourd’hui, n’a pas les moyens de sécuriser cette zone » (!).
Tananarive excipe du contenu de deux résolutions non contraignantes de 1979 et 1980 émises par l’Assemblée générale de l’ONU pour fonder son droit à la souveraineté sur ces miettes d’empire (pas plus de 40 km2 de terres émergées), résolutions implicitement validées par la Cour internationale de justice dans son avis consultatif du 25 février 2019 (différend similaire portant sur la licéité internationale du détachement de l’archipel des Chagos au moment de l’indépendance de Maurice en 1968).
Assurément, Emmanuel Macron, mû par une sentimentalité impolitique largement dictée par son tropisme mondialiste, commet une grave erreur en abandonnant ce patrimoine insulaire à un des pays parmi les plus pauvres de la planète (trois quarts de ses 25 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté), structurellement caractérisé par une économie de la rapine et qui est à l’Afrique australe ce que l’Algérie est au Maghreb, un grenier sous-exploité de richesses agricoles et minières.
L’île serait, d’ailleurs, sous dépendance commerciale chinoise depuis un accord de pêche conclu, le 5 septembre 2018, entre l’Agence malgache de développement économique (AMDP) et un consortium d’investisseurs chinois, ouvrant sa ZEE (et demain celle des îles Éparses ?) aux bateaux chinois (sans parler de leurs techniques).
 
La France devrait donc conserver ses îles, tant pour protéger les pêcheurs malgaches que pour préserver les ressources halieutiques et assurer ses positions diplomatiques, à l’heure où se dessine la création d’une Communauté de l’océan Indien qui marquerait une montée en puissance de la sous-région par rapport à l’actuelle Commission de l’océan Indien.

Aristide Leucate

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