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samedi 22 septembre 2018

1300 policiers à l’assaut des zones de non-droit

 
 
 


 
L’annonce d’un prochain départ du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, intervient au moment précis où s’opère le premier déploiement d’un contingent de 1 300 policiers aguerris, qui vont être affectés à soixante zones que l’on n’ose appeler des zones de combat.
 
Une véritable petite armée, donc, pour affronter ce qui est devenu une guérilla urbaine.
Sans aller jusqu’à regretter le politicien Collomb – qui tenait beaucoup de l’inspecteur Colombo, mais sans avoir à son actif le même pourcentage de réussite –, on ne peut que s’interroger sur l’annonce de son départ, formulée si tôt, alors que démarrent seulement les premières opérations de « reconquête ».
Les élections municipales sont prévues pour 2020, sans doute en mars.
Et si Collomb se réoriente dès maintenant sur la ville de Lyon, c’est la certitude d’une vacance à la tête du ministère de l’Intérieur, quelle que soit la date effective de sa démission, et quelles que soient les qualités de son successeur.
La reconquête des « quartiers difficiles », des « cités », fait partie de ces dossiers qui nécessitent une grande disponibilité, une autorité non contestée, du sang-froid, et un certain sens politique.
Aujourd’hui les voyous se sentent mieux protégés que les policiers.
Les émeutes de Nantes, en juillet dernier, l’ont encore montré.
Comme l’ont montré les saccages après la Coupe du monde de football.
La reconquête doit d’abord s’opérer dans les têtes, à commencer par les têtes des policiers, ces derniers n’ayant plus aucune confiance dans les hautes sphères de leur hiérarchie.
Mardi, Gérard Collomb a solennisé, à la cité des Tarterêts, à Corbeil, la mise en place de « quartiers de reconquête républicaine » (QRR).
Reconquête ?
Mais quel sinistre aveu !
Cela signifie donc qu’actuellement ces territoires sont perdus, qu’ils sont occupés par l’ennemi.
Et l’ennemi, ce sont les trafiquants de drogue, les islamistes, les mafias maghrébines ou d’Afrique subsaharienne, que rejoignent actuellement des milliers de clandestins.
 
De la sympathie pour les « républiques islamiques »
 
Mais pourquoi une reconquête « républicaine » ?
Aucune reconquête royaliste n’est à l’ordre du jour, dans ces quartiers.
Serait-ce pour éviter de parler de reconquête française ?
Car l’Etat islamique se veut aussi républicain que nos républicains.
Les trafiquants de drogue ne remettent pas en cause la République.
On peut même dire qu’ils sont parfaitement indifférents à la forme de nos institutions, même s’ils regardent avec sympathie du côté des… « républiques islamiques » africaines.
Collomb a reconnu qu’un « contre-modèle social » était désormais implanté dans ces quartiers.
Cette injection massive de policiers sur les soixante principales zones de non-droit montre pour l’heure une prise de conscience de la dimension quasiment militaire de cette « reconquête ».
 
C’est une véritable petite guerre qui se prépare.
Et en ce sens, l’emploi du mot reconquête n’est pas innocent.
Même si l’on sait que la vraie victoire ou la défaite ne se jouera pas sur le terrain, mais à Paris, dans les arcanes ministériels, dans les médias.
Francis Bergeron
 
Article repris du quotidien Présent via novopress.info
 

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