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jeudi 23 août 2018

Coffre-fort volatilisé : l'impossible traque de la compagne d'Alexandre Benalla



Coffre-fort volatilisé : l'impossible traque de la compagne d'Alexandre Benalla
 
© Thomas SAMSON Source: AFP
 
Alexandre Benalla à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, le 16 juillet 2018 (image d'illustration).    
 
Dès le début de la garde à vue de l'ancien chargé de mission pour Emmanuel Macron, les policiers ont cherché à recueillir des informations clés dans le cadre de leur enquête.
 
 
Celle-ci les aura menés à traquer la compagne d'Alexandre Benalla, en vain.
Dans son édition du 22 août, Le Parisien publie un article relatant les moyens que la police judiciaire a mobilisés pour interroger la compagne d'Alexandre Benalla, l'ancien chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence de la République, avant que sa procédure de licenciement ne soit entamée le 20 juillet 2018 par l'Elysée.
Comme le raconte le quotidien, la police a visiblement enquêté, entre autres, sur la disparition d'un coffre-fort du domicile du couple Benalla.
L'armoire forte aurait notamment renfermé les armes de l'ancien chargé de mission pour Emmanuel Macron, ainsi que, potentiellement, des éléments pouvant intéresser les enquêteurs.
Si leur persévérance n'a pas été couronnée de succès, l'enchaînement des événements est digne d'un véritable polar.
Dès le début de la garde à vue d'Alexandre Benalla, la police a déploré son «manque de coopération». Alors qu'il cherchait lui-même à joindre Myriam, sa compagne, il aurait en effet refusé, «pour la protéger», de dire aux enquêteurs où elle se trouvait et comment la joindre.
Par ailleurs, s'il a accepté d'autoriser la police à perquisitionner son domicile, l'ancien chargé de mission pour l'Elysée aurait affirmé que seule sa compagne en avait les clés, celle-ci étant, d'après lui, «partie à l’étranger se reposer et fuir les journalistes».
 
Réquisitions téléphoniques et bancaires, identification de véhicule...
 
Ainsi, comme le rapporte Le Parisien, les enquêteurs n'auraient pas lésiné sur les moyens pour tenter de géolocaliser Myriam : réquisition téléphonique auprès des opérateurs, passage de son nom dans les fichiers de police, réquisitions bancaires, identification de son véhicule, recensement de ses contraventions pour excès de vitesse, photos de flashs...
La géolocalisation de la compagne d'Alexandre Benalla aurait fini par établir, qu’à défaut d'être partie à l'étranger, elle se serait vraisemblablement trouvée dans le XVIe arrondissement de Paris. L’examen des appels émis et reçus aurait en effet montré une intense activité téléphonique qui pourrait être liée à l'annulation des formalités du mariage entre Alexandre et Myriam, qui était initialement prévu le 21 juillet.
Les policiers auraient finalement dû se contenter de l’adresse électronique de Myriam, fournie par la mairie d’Issy-les-Moulineaux.
Ils lui auraient ainsi envoyé un courriel pour «une prise de contact».
 
Le parquet de Paris a refusé d'étendre l'enquête à la disparition du coffre-fort

Les enquêteurs n'ont pas pu compter sur le soutien du parquet de Paris.
Celui-ci a en effet opposé une fin de non-recevoir au syndicat de police VIGI, qui s'est porté partie civile, et qui avait demandé le 30 juillet dernier un réquisitoire supplétif aux juges d'instruction pour étendre l'enquête à la disparition du coffre-fort.
 
Le parquet fait-il preuve d’une naïveté inhabituelle ?

La raison ?
Malgré le manque de coopération d'Alexandre Benalla, le Parquet s'est malgré tout rangé à ses déclarations selon lesquelles il n'y avait que des armes, détenues légalement, dans le coffre. 
«Le parquet fait-il preuve d’une naïveté inhabituelle ? Sa position alimente en tout cas la thèse d’un Benalla protégé par le pouvoir», déplore l'avocat de VIGI, cité par Le Parisien.
 
L'affaire Benalla a constitué la première crise politique majeure à laquelle a dû faire face l'actuel gouvernement français, allant jusqu'à rassembler des élus aux orientations politiques opposées autour d'un objectif commun : élucider la responsabilité de l'Elysée dans ce que d'aucuns n'ont pas tardé à qualifier de «scandale d'Etat.»
 
Le 7 août, l'avocat des deux individus qu'Alexandre Benalla a brutalisés place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai, remettait en question la version des faits défendue par l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron : «Monsieur Benalla a menti, dans le cadre de la procédure, mais également devant les médias», assurait ainsi Sahand Saber, soutenant que l'enquête en cours permettait d'établir que ses clients n'étaient pas des «casseurs», contrairement à ce qu'avait jusqu'alors affirmé Alexandre Benalla. 
 

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